03.06
20:27

Le gouvernement promet de sévir contre les délinquants sexuels

Le gouvernement  a promis aujourd'hui de durcir l'arsenal répressif contre les délinquants sexuels après le suicide d'une adolescente de 14 ans qui avait subi quelques jours plus tôt un viol collectif, un drame qui secoue la Belgique.

Devant les députés, le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne a dit espérer l'adoption par le Parlement avant l'été d'un projet de loi qui prévoit "une peine maximale doublée" en cas de viol.

"Pour le viol d'un mineur de moins de 14 ans la peine serait porté à 28 ans d'emprisonnement", a affirmé le ministre libéral flamand.

Il s'est aussi engagé à "généraliser" à tout le pays des méthodes d'enquête expérimentées avec un certain succès dans le ressort du parquet d'Anvers (nord), où une trace de salive --pas uniquement de sperme-- prélevée sur le corps ou un vêtement de la victime peut servir d’élément de preuve.

"Nous allons étendre cette approche à l'ensemble du pays, nous allons accélérer cela, pour que ça soit généralisé à l'ensemble des parquets", a dit Van Quickenborne.

En janvier le parquet d'Anvers avait dressé un premier bilan d'un projet pilote lancé en 2017 prévoyant ce type d'expertise médico-légale lorsque l'agression sexuelle est contestée par l'auteur présumé.

Il avait relevé un quasi doublement du nombre de condamnations depuis le début de l'expérimentation, passant à une proportion de 36% des dossiers contre 20% auparavant.

Le drame survenu à la mi-mai à Gand, révélé cette semaine par la presse flamande, a suscité une vive émotion. Le ministre de la Justice a dénoncé des faits "atroces" et le Premier ministre s'est joint mercredi soir à une veillée silencieuse en mémoire de la victime.

Une adolescente de 14 ans s'est suicidée le 19 mai, quatre jours après avoir subi un viol collectif dans un cimetière de Gand, une scène qui a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux par les auteurs de l'agression. Le père de la victime a estimé que le suicide de sa fille était lié à la découverte de ces images rendues publiques.

Cinq jeunes gens âgés de 14 à 19 ans ont été arrêtés, soupçonnés d'avoir participé aux faits. Deux d'entre eux, majeurs, ont été écroués. Les trois autres ont été placés dans des centres fermés pour mineurs.

"Trop souvent nous avons abandonné les victimes à leur sort, nous voulons tout mettre en œuvre pour qu'elles soient mieux protégées", a insisté Vincent Van Quickenborne.

De son côté, le Premier ministre Alexander De Croo a comparé les violences sexuelles subies par les femmes à "une pandémie", "qu'on doit combattre avec autant d'énergie" que celle du coronavirus.

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