26.05.21
11:08

Loukachenko prétend avoir agi "légalement" en détournant un avion de ligne

Le président bélarusse Alexandre Loukachenko a affirmé avoir agi "légalement" en déroutant un avion civil sur Minsk après une alerte à la bombe, rejetant l'accusation d'avoir détourné le vol pour arrêter un opposant.

"J'ai agi légalement, protégeant mes gens", a-t-il dit, selon l'agence d'Etat Belta, lors d'un discours devant des élus et d'autres hauts responsables du régime. M. Loukachenko a jugé que l'accuser d'avoir envoyé un avion de chasse Mig-29 pour forcer l'atterrissage du vol Ryanair était un "mensonge".

"C'est un mensonge absolu (de dire) que l'avion a été forcé d'atterrir par un Mig 29", a-t-il martelé, "la mission de l'avion de chasse était d'établir la communication, d'accompagner l'atterrissage de l'avion de passagers en cas de situation d'urgence". Le président Loukachenko a aussi dénoncé mercredi des "attaques" franchissant "des lignes rouges" en réponse au tollé international suscité par le déroutage de l'avion vers Minsk.

"Nos adversaires de l'étranger et à l'intérieur du pays ont changé leurs méthodes pour attaquer notre Etat. Ils ont franchi une multitude de lignes rouges, dépassant les limites de l'entendement et de la morale humaine", a-t-il dit, selon l'agence d'Etat Belta. "Ils sont passés de l'organisation d’émeutes à l'étape de strangulation", a-t-il dénoncé, dans une référence apparente au mouvement de contestation de 2020 qu'il attribue à une opposition pilotée par l'Occident. 

Il a dénoncé une "guerre hybride moderne" contre son pays, qui est un "théâtre d'expérimentation pour ensuite aller vers l'Est". M. Loukachenko accuse régulièrement Américains et Européens de vouloir le renverser pour ensuite s'attaquer à la Russie de Vladimir Poutine, son principal allié. Quant au journaliste d'opposition Roman Protassevitch, arrêté à l'issue du déroutage de son vol Athènes-Vilnius, M. Loukachenko l'a qualifié de "terroriste".

La Russie cautionne l'action du Bélarus, estime Paris

De son côté,  le Kremlin a "regretté" la recommandation faite par l'Union européenne à ses compagnies d'éviter l'espace aérien du Biélorussie pour punir le régime d'Alexandre Loukachenko, relevant que les passagers en seraient pour leurs frais en raison des coûts supplémentaires induits par le contournement de la Biélorussie.

"Je ne suis pas sûr qu'avec ce qui vient de se passer au Biélorussie, le président Poutine arrive en position de force" au sommet avec son homologue américain Joe Biden le 16 juin à Genève, a fait observer Jean-Yves Le Drian. Tout cela n'est "pas très favorable pour lui", a-t-il dit.

"L'affaire du Biélorussie a inondé l'opinion publique mondiale par sa gravité. C'est quand même énorme, c'est un kidnapping en plein ciel, une piraterie des temps modernes. Tout cela n'est pas acceptable pour l'ensemble de la communauté internationale", a-t-il souligné.

Les sanctions immédiatement prises par les Vingt-Sept contre le Biélorussie vont porter leurs fruits parce qu'elles auront un impact financier, a-t-il assuré. "Quand on touche au portefeuille ça marche toujours (...) La Biélorussie va être condamnée à l'isolement. C'est difficile pour elle", a-t-il lancé.

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