25.05.21
17:51

Dedonder s'inquiète des soutiens à Jürgen Conings au sein de l'armée

La ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) s'est inquiétée mardi de la mobilisation sur les réseaux sociaux, émanant notamment de membres ou anciens de l'armée, en faveur d'un militaire d'extrême droite en fuite après avoir proféré des menaces contre un virologue.

"Soutenir cet homme, c'est soutenir un homme qui menace de blesser et de tuer des innocents", a affirmé Mme Dedonder, lors d'une conférence de presse mardi au siège de l'état-major de la Défense belge, à Bruxelles.

"Il est regrettable que certains militaires ou anciens militaires aient affiché leur soutien (...). Ils nuisent à la réputation et à l'honneur des 25.000 femmes et hommes qui composent la Défense",

a ajouté la ministre socialiste francophone, évoquant aussi une vague de "soutiens inquiétants" sur internet.

Dans l'après-midi, le réseau Facebook a annoncé la suppression d'une page de soutien à Jürgen Conings qui avait réuni plus de 45.000 membres en l'espace de quelques jours.

Selon un porte-parole du groupe américain joint par l'AFP, il n'y a "pas eu de demande particulière" de retrait.

Facebook a estimé que cette page en néerlandais, baptisée "als een achter Jürgen" ("comme un seul homme derrière Jürgen"), "violait" la politique du groupe "relative aux organisations et individus dangereux".

"Les contenus, groupes et pages qui font l'éloge ou soutiennent des terroristes, comme Jürgen Conings, ne sont pas autorisés sur Facebook ou Instagram",

a ajouté le réseau social dans un communiqué.

Jürgen Conings, militaire de 46 ans, probablement armé et donc jugé dangereux, est recherché depuis une semaine, principalement dans la province néerlandophone du Limbourg (nord), d'où il est originaire et où sa voiture a été retrouvée abandonnée le 18 mai avec à l'intérieur quatre lance-roquettes antichar.

D'après des lettres retrouvées par les enquêteurs, cet homme fiché comme étant un sympathisant de l'extrême droite semble déterminé à s'en prendre à des représentants de l'Etat et au virologue belge Marc Van Ranst, expert très en vue dans la pandémie de coronavirus.

Conings compte parmi la trentaine de membres de l'armée belge surveillés par le service de renseignement militaire pour leur proximité avec l'extrême droite.

Il avait néanmoins accès à des armes et des munitions dans sa caserne, ce que le Premier ministre Alexander De Croo a jugé "inacceptable".

Dès ce week-end, onze militaires présentant le même type de profil d'"extrémiste violent" ont été "écartés de toute possibilité de travailler avec de l'armement", a dit la ministre de la Défense.

Plusieurs enquêtes internes sont au cours au sein de la Défense sur le défaut de surveillance dont a profité M. Conings.

Sur le plan judiciaire, un juge d'instruction a été saisi par le parquet fédéral d'une enquête pour "tentative d'assassinat dans un contexte terroriste".

 

AFP

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