10.05.21
09:32

Europe: la réforme de la dernière chance

L’Europe, reléguée au second plan sur la scène géopolitique et économique, veut convaincre ses citoyens de l’aider à réfléchir sur son avenir. C’est la conférence sur l’avenir de l’Europe qui a débuté ce week-end… Attention à ce que ce ne soit pas uniquement un piédestal pour Emmanuel Macron... Explications avec Martin Buxant dans La Matinale.

Emmanuel Macron a donné le coup d’envoi ce week-end de la conférence sur l’avenir de l’Europe depuis Strasbourg. La capitale "théorique" de l’Europe est désertée par les députés depuis plus d’un an, le Covid leur a donné l’excuse de ne plus devoir se rendre en Alsace une fois par mois afin d’y tenir leur séance plénière. L’exercice n’est pas neuf. Notamment lorsqu’on a une convention européenne qui a tenté de rédiger une constitution européenne. Celle-ci, rappelez-vous, s’est fait rejeter par des référendums négatifs en France puis aux Pays-Bas en 2005.

Mais cette fois, c’est la France qui pilote. Emmanuel Macron a imaginé et poussé cette conférence sur l’avenir de l’Europe. Elle doit produire ses résultats en 2022 lorsque la France occupera la présidence de l’Europe et – heureux hasard du calendrier – lorsqu'il sera en pleine campagne pour sa réélection comme président. L’exercice est présenté comme différent dans la mesure où on va tenter d’y impliquer les citoyens, or on sait à quel point c’est difficile:
a) de faire participer les citoyens à la codécision politique et de les impliquer
b) d’intéresser les gens aux enjeux européens qui paraissent souvent éloignés de leurs préoccupations quotidiennes

 

Donc, double défi, avant de commencer…

 

Les citoyens, principaux intéressés par ce grand exercice de démocratie participative, pourront contribuer au débat à travers une plateforme numérique multilingue mise en ligne depuis le 19 avril. Et  cet outil sera “le pôle central” de la Conférence et permettra aux Européens de “proposer leurs idées, de commenter celles des autres, de créer des événements et d’y participer”. Ça donnera aussi  une image en temps réel de la mobilisation des citoyens et de leurs propositions dans les 27 pays de l’Union. Mais pour "encadrer" les citoyens, on aura un directoire de 9 membres du Parlement, du Conseil et de la Commission. On n'aura donc pas un seul président de la Conférence. Guy Verhofstadt était candidat mais le malheureux a raté le coche. Il ne sera qu’un parmi les 9…

Trois points viennent en tête du hit-parade des demandes des citoyens quand on les interroge sur leurs attentes : l’inquiétude quant au changement climatique, la question du terrorisme et la question d’une Europe de la santé, l’organisation face aux futures pandémies. Ces trois points vont donc devoir être abordés et considérés, mais on va vite tomber sur les écueils habituels...

 

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