06.05.21
09:50

La lueur sociale au bout du tunnel

Le gouvernement propose une prime exceptionnelle pour les travailleurs des secteurs ayant bien presté durant la crise, en échange du maintien de la norme salariale à 0,4%.

Une entente se dessine enfin sur le fameux accord interprofesionnel, l’AIP… Explications avec Martin Buxant dans La Matinale. 

Hier soir, mercredi, un Conseil des ministres restreint a lissé les contours de cette entente sociale entre patrons et syndicats. Et le résultat devrait être présenté cet après-midi au parlement par le Premier ministre lors de la séance plénière. 

 

Qu’y a-t-il dans cet accord? 

D’abord, il faut le prendre avec des pincettes parce que rien n’est encore officiel et/ou acté. Mais voici ce que l’on peut en dire.

La norme salariale pour 2021/22 restera donc de 0,4%. C’est ce que le banc patronal et l’aile droite du gouvernement fédéral demandaient depuis des semaines, le cœur de leurs revendications. On conserve donc le cadre de la loi de compétitivité de 1996.

Rappel: les syndicats voulaient aller au-delà, mais cela n’aurait été possible que s’ils avaient trouvé un accord avec le patronat et ce n’est pas le cas puisque comme on le voit, c’est le gouvernement qui a dû reprendre les négociations en main.

En échange du fait de rester bloquer sur ces 0,4%, une prime bonus spéciale va pouvoir être versée dans les entreprises qui ont bien performé durant la crise. C’est un peu de pommade qui va permettre d’atténuer, espère le gouvernement, le malaise social grandissant. A voir comment la FGTB, notamment, va avaler la pilule…

 

Quelles sont les modalités de cette prime spéciale ?

Ce sera une prime de 300 à 1000 euros brut accordée en plus de la hausse de 0,4%. Mais cette prime ne sera versée que dans les secteurs qui ont bien performé durant la crise corona. Cette prime exceptionnelle peut être versée via la CT90, les conventions collectives qui régissent les secteurs et autorisent le versement de primes exceptionnelles. Ou, autre possibilité, via un chèque consommation. Cette formule a déjà été utilisée dans un passé récent mais suscite aussi des discussions sur le caractère brut ou net de la prime. En tout état de cause, ici, on parle de montants bruts.
 

Enfin, autre sac de noeuds à démêler: comment déterminer ce qu’est une entreprise qui a "bien performé" durant la crise ? Les critères du chiffre d’affaires et du bénéfice vont être pris en compte.

 

Autre volet des revendications sociales: le salaire minimum…

Il y a un accord typiquement belge dans la mesure où on a un accord sans accord: le gouvernement indique qu’il est d’accord de rehausser le salaire minimum mais que c’est aux partenaires sociaux de trouver un accord à ce sujet. Pour alléger la facture des patrons, le gouvernement se dit prêt en revanche à consentir certains allègements fiscaux en faveur des entreprises… A voir une fois encore, comment patrons et syndicats vont transformer l’essai…

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