30.04.21
10:08

C’est la lutte finale

Un premier mai chaud bouillant où les leaders syndicaux et politiques sont confinés derrière leurs ordinateurs mais où la colère et l’angoisse des jeunes, de la culture ou encore de l’Horeca menacent d’exploser dans les parcs et les rues.

Alors, on le sait, le 1er mai, c’est traditionnellement le jour des discours, des rassemblements, des discours enflammés, c’est là où les partis politiques et les organisations syndicales de gauche, mais pas uniquement, prennent possession de l’asphalte et de la rue pour marteler au micro leurs revendications.

Or, cette fois-ci, pour la deuxième année consécutive, covid oblige, ça se passera en virtuel ! Des discours de leaders politiques en digital, derrière un écran, vous likez, vous ne likez pas, mais ça n’a rien d’enflammé, c’est compliqué de faire passer des émotions, de la colère, en teams ou en zoom….

Dans les partis, au PS, par exemple, on discutait cette semaine avec une Christie Morreale ou avec Laurette Onkelinx, qui nous expliquait combien la chaleur militante, le contact était inhérent au 1er mai…. Et que tout cela leur manquait terriblement !

 

Des dossiers qui alimentent la colère des travailleurs 

Le principal d’entre eux tient en trois lettres : AIP. L’accord interprofessionnel qui doit indiquer quelle est la marge de progression des salaires dans les années à venir. Patrons et syndicats sont au bord du gouffre, ils ne parviennent pas à s’accorder sur cette augmentation. Du coup, tout le monde se tourne vers le gouvernement fédéral pour qu’il refroidisse la patate chaude. Problème, celui-ci se divise à son tour entre son aile gauche et son aile droite. Les socialistes prennent fait et cause pour les syndicats en plaidant que certains se sont enrichis durant la crise et qu’il faut redistribuer à tous, les libéraux défendent les employeurs au nom de la compétitivité des entreprises. On est donc dans l’impasse avec un 1er ministre qui a sorti les rames et tente de mettre son embarcation à l’abri

 

Un Parti socialiste en fête ce 1er mai ?  

Oui et non. Par tradition, c’est vrai que c’est lui qu’on attend plus que d’autre lors de cette date symbolique, le PS, ancien POB, défenseur des plus précarisés et des travailleurs. Sauf que le PS n’a pas réellement de raison de fêter quoi que ce soit. Alors certes, il se porte mieux que son homologue français, mais on vient d’un parti qui faisait 44% des suffrages en 1987 en Wallonie et qui aujourd’hui tourne autour des 20-25%... Le PS a perdu la moitié de sa base électorale en 30 ans. Dur, le constat. Les affaires lui ont coûté très cher politiquement et aujourd’hui le peuple de gauche se tourne vers le PTB. Une extrême gauche qui, de son promontoire d’opposition, distribue les mauvais points, critique, mais ne met pas les mains dans le cambouis.

 

Récupération du 1er mai par les libéraux 

Une jolie pirouette de Louis Michel, alors président du PRL qui ne veut pas laisser tout le champ médiatique du 1er mai à la gauche et décide d’en faire un moment de réunion pour les libéraux. Il veut montrer que les libéraux, c’est autre chose que Thatcher, que c’est populaire et que dans les rangs de son parti, on compte aussi des travailleurs. L’initiative agace chaque année les responsables de gauche qui considèrent que le 1er mai est à eux.

 

Un 1er mai sous tension

Covid oblige, on est passé d’un 1er mai social à un 1er mai rageur. Les revendications sont multiples et légitimes ; de l’Horeca aux jeunes en passant par le secteur de la culture. La manière dont a été gérée la crise dans ce pays donne du grain à moudre à tous les mécontents. La tension monte et il y a fort à parier que le vrai premier mai ne sera pas derrière les écrans avec des discours politiques digitaux mais dans les parcs à défier les autorités...

 

M. Buxant

Partager cet article