06.04.21
10:24

"Beaucoup d'entre nous n'ont plus peur": les organisateurs de "La Boum 2" répondent à Annelies Verlinden

"Les organisateurs demandent une autorisation officielle avec règles sanitaires, affirmant que sans réponse ou sans réponse "satisfaisante", de nouveaux rassemblements sont à prévoir.

Vendredi, suite aux rassemblements au Bois de la Cambre, la ministre de l'Intérieur Annelies Verlinden avait écrit une lettre ouverte aux "jeunes". Le jeudi 1er avril, "La Boum" avait attiré des milliers de personnes, et la police avait fait le choix de disperser la foule, provoquant des affrontements jusqu'en soirée. 26 personnes ont été blessées, dont trois policiers. Et six véhicules de police ont été endommagés. Le lendemain, présente en nombre au même endroit, la police n'avait pas dû intervenir.

"Vous êtes jeunes. Vous avez la vie devant vous, le monde à vos pieds. Vous aspirez à la liberté. Vous voulez aller dehors. Retrouver vos amis. Organiser des fêtes. Tomber amoureux. Faire des câlins sans masque. Par-dessus tout, vous voulez ne plus rien devoir faire mais pouvoir tout refaire. Vous en avez assez de toutes ces mesures. Le énième ’nous y sommes presque’. Le énième ‘tenez bon encore un peu’. Je comprends parfaitement. Ça a assez duré. Je comprends que ça semble injuste. Je comprends également que vous ayez de plus en plus de mal à me croire lorsque je vous dis que cette situation sera bientôt derrière nous. Bien sûr, s’il existait un bouton qui résoudrait tout d’un seul coup, je l’aurais appuyé depuis longtemps. Je veux vous demander d’y mettre du vôtre une fois de plus. Pour montrer pourquoi vous êtes l’avenir. Soyez créatifs et motivez-vous mutuellement. Pensez à un défi et partagez-le – et faites-nous surtout savoir comment nous pouvons vous aider."

 

"Un autre défi"

Les organisateurs de "La Boum 2", réunis en collectif appelé L'Abîme, ont répondu à cette lettre et ont pris la ministre au mot, pour "relever votre défi tout en vous en proposant un autre," peut-on lire sur le communiqué en ligne. "Nous avons trouvé une occupation à proposer aux jeunes afin qu’ils trouvent le temps moins long avant d’apercevoir la lumière au bout du tunnel. Nous proposons donc à la jeunesse en manque de liberté, de fêtes, d’amour et de câlins comme vous le reconnaissez, d’imaginer et d’organiser La Boum 2 dans le bois de la Cambre en attendant le jour J. Le jour de la délivrance que vous nous promettez d’ici quelques semaines, et pas dans des mois comme nous le pensons, et que nous attendons tous depuis plus d’un an."

Les organisateurs demandent ainsi une autorisation officielle avec règles sanitaires, avant d'affirmer que sans réponse ou réponse "satisfaisante, de nouveaux rassemblements sont à prévoir. "Pour l’instant, les seules solutions proposées par le gouvernement sont des lois liberticides, l’usage de la peur et de la répression policière. A aucun moment vous n’avez fait appel à l’intelligence collective ou à notre sens des responsabilités," disent-ils.

"Votre mission, si vous l’acceptez madame la ministre puisque vous nous avez proposé votre aide, est de nous accorder l’autorisation officielle ainsi qu’une date pour l’organisation d’une Boum 2 dans le bois de la Cambre et, si vous le jugez nécessaire, de nous proposer des règles sanitaires qui prendraient en considération les avis de spécialistes dont certains estiment que le risque de ce genre d’événement est minime et pourtant tellement vital à notre jeunesse. (...) Sans réponse de votre part ou si votre proposition ne satisferait pas l’impatience légitime de notre jeunesse et son goût insatiable de créer des liens et des contacts humains, indispensables à son développement, il est fort probable qu’un nouveau mouvement citoyen voit le jour afin de réclamer notre droit de se réunir et de faire la fête. Nous estimerons dans ce cas avoir la légitimité d’agir comme nous en avons fait la promesse aux jeunes en souffrance en organisant des fêtes sauvages et en répandant ce mouvement citoyen dans toutes les villes afin de réclamer, tant que cela sera nécessaire, notre droit de nous réunir et de nous rassembler, et donc de faire la fête.

"Comme vous l’aurez sans doute constaté, beaucoup d’entre nous n’ont plus peur. Et une jeunesse qui aurait son avenir devant elle mais qui n’a plus peur de le sacrifier en allant jusqu’à défier les forces de l’ordre pour un moment de liberté, est selon nous un très grave signal de détresse que l’on ne peut ignorer plus longtemps. Nous demandons d’ailleurs la clémence de la justice pour nos camarades sanctionnés par la police pour le simple crime d’avoir été présent au bois de la Cambre et d’avoir fait face à la répression disproportionnée dont ils ont été témoins et victimes. Nous attendons avec impatience votre réponse car nos jeunes ont hâte de s’occuper l’esprit pendant ce confinement en organisant cette fête et en imaginant comment réduire les risques tout en ne perdant pas le goût véritable de la fête. Nous n’avons besoin d’aucun budget ni d’aucun support de votre part, nous voulons juste l’autorisation de jouir de nos libertés afin de nous réunir dans un moment d’allégresse salutaire car nous ne sommes pas que le futur, madame la Ministre, nous sommes aussi votre présent."

 

Pour l'instant, plus de 1.700 personnes ont annoncé leur participation à "La Boum 2", du 1er mai au 15 mai, et près de 4.000 sont "intéressées". Les organisateurs disent "attendre la réponse de la ministre afin de fixer la date définitive de La Boum 2"

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