30.03.21
08:24

"Il n’y a pas vraiment d’utilité à restreindre les voyages"

Depuis le 27 janvier, les Belges ne peuvent plus voyager sauf si le voyage est considéré comme essentiel. Une mesure prolongée à plusieurs reprises, actuellement jusqu’au 30 avril. Des académiques se sont penchés sur la question de la pertinence du maintien de la mesure et sur celle des voyageurs : sont-ils à risque ?

Réponses ce matin dans La Matinale avec Anne-Sophie Snyers, secrétaire générale de l’UPAV (Union professionnelle des agences de voyage), Vincent Laborderie, politologue à l’UCLouvain, co-auteur de l’étude et Yves Coppieters, Epidémiologiste à l’ULB en appel vidéo.

Les arguments du GEMS :

  1. Les voyages internationaux sont facteurs de contacts
  2. Les retours de l’étranger sont à l’origine de deux vagues
  3. Le grand nombre de voyageurs internationaux
  4. Le taux de positivité des voyageurs internationaux

Des arguments contredit par Vincent Laborderie. "Certaines fois, il y a des erreurs de chiffres." Il y a également la lutte contre les variants, un argument avancé politiquement et dans les arrêtés ministériels, rappelle le politologue. "On ne dit pas que cette mesure était inutile au moment où elle a été prise car à ce moment-là, le variant britannique et autres variants étaient très peu présents en Belgique". Aujourd’hui, la présence du variant britannique est d’environ 80% dans les contaminations belges. "A partir de là, il n’y a pas vraiment d’utilité à restreindre les voyages, sachant aussi que la Belgique est l’un des pays européens où le variant est le plus présent," souhaite rappeler Vincent Laborderie. Un argument rejoint par Anne-Sophie Snyers.

Une mesure justifiable sur un point épidémiologique d’après Yves Coppieters. "On voit bien que les voyages nous mettent dans des situations à risque, à risque de ramener d’autres souches aussi." Il illustre ses propos par des faits. "On a bien vu qu’après les vacances d’hiver, les vacances de carnaval, il y a chaque fois eu des contaminations en Belgique, donc il y a une relation directe entre la fin des congés et une augmentation de la reprise de l’épidémie."

Rassemblements en Belgique

Le problème de cette mesure est qu’elle peut engendrer des rassemblements tels que des réunions de famille, des sorties entre amis. "Et là on a des contaminations qui sont peut-être plus dangereuses," souligne Vincent Laborderie.

Les auto-tests

A partir du mardi 6 avril 2021, les auto-tests seront disponibles en pharmacie. "Une excellente nouvelle" se réjouis Yves Coppieters."Il faut mobiliser tous les outils que nous avons à dispositions. On a pas le choix à ce stade-ci de l'épidémie" conclu l'épidémiologiste.

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