30.03.21
06:33

Du rififi chez DéFI

Maingain n’apprécie pas la ligne de conduite de son successeur a la présidence de DéFI, c’est très chaud au sein du parti centriste.

DéFI, c’est le parti issu de l’ancien FDF, parti présidé par Olivier Maingain durant 25 ans et désormais présidé par François De Smet. DéFI, aujourd’hui, ce sont deux députés au parlement fédéral : François De Smet et Sophie Rohonyi qui siègent dans l’opposition, mais c’est aussi 10 parlementaires au Parlement bruxellois, qui sont là, dans la majorité avec le ministre Bernard Clerfayt.

Voila pour la carte d’identité.


Si on en parle ce matin, c'est parce qu'il y a de grosses tensions en interne.

Fait rarissime, la semaine dernière, Olivier Maingain a publiquement désavoué son successeur a la présidence, François De Smet,  dans une interview à La DH.

Il pointe notamment sa mauvaise gestion des relations humaines au sein de la formation politique au départ d’un conflit local entre mandataires DéFI en Wallonie, le conflit local s’est envenimé à tel point qu’il oppose désormais l’ancien et le nouveau président de Défi.

Beaucoup de choses opposent l’ancien et le nouveau président de DéFI.

Olivier Maingain a construit son parti sur la défense des francophones et le clivage communautaire. Il a beaucoup cru en l’extension de DéFI en Wallonie, extension dont il a été l’artisan. Maingain est un animal politique, il excelle dans les stratégies et la négociation, c’est un municipaliste, également, arc-bouté sur sa commune de Woluwé Saint-Lambert…

François De Smet est, de son côté, un philosophe qui a débarqué en politique comme dans un jeu de quilles et répète souvent qu’il ne compte pas y passer toute sa vie. Il se tient a l’écart des jeux d’appareil et semble parfois survoler les débats sans mettre ses deux mains dans le cambouis, il n’a jamais eu l’air de croire foncièrement en l’extension de DéFI en Wallonie. 

Les récentes manœuvres d’approche entre Défi et une autre formation politique centriste – le cdH- ont agacé Olivier Maingain au plus haut point. François De Smet s’entend très bien avec Maxime Prévot, le president du cdH, l’un et l’autre sont persuadés qu’en associant un cdH fort en Wallonie et un défi fort a Bruxelles, on peut si on les arrime bien, en faire un cartel, situé au centre de l’échiquier politique, une sorte de plateforme de type "En marche" qui a propulsé Macron au sommet en France, bref faire renaître le centrisme politique de ses cendres.

Olivier Maingain ne partage pas du tout cet appétit pour un rapprochement de son parti avec le cdH, pour lui, ce parti n’est rien d’autre que l’ancien PSC, Parti social-chrétien. Maingain, viscéralement attaché à la laïcité, ne saurait tolérer que son parti fusionne avec un parti qui garde un fonds chrétien. 

Qui l'emportera ? C’est la question à 1000 euros.

Maingain reste le pater familias de DéFI et à l’image de ces vieilles familles corses, c’est vers le "vieux" du village qu’on se tourne quand les choses dégénèrent. Difficile de se faire une place pour François De Smet qui est sur tous les fronts : la présidence du parti, mais aussi son activité de député fédéral.

Allez, mon pronostic. Les deux hommes vont se réconcilier et signer une paix des braves.

 

 

Martin Buxant

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