24.03.21
15:07

"C'est injuste, incohérent, on est dépités et déçus", les métiers de contact déplorent leur fermeture

Après les annonces du Comité de concertation de ce mercredi, les professionnels des métiers de contact se disent dépités et se sentent trompés. Le Codedo a tranché : les métiers de contact non médicaux doivent fermer. Cela concerne entre autres les salons de beauté ; les salons de pédicure non médicale ; les salons de manucure ; les salons de massage ; les coiffeurs et barbiers ; les salons de tatouage et de piercing. 

"On a l'impression d'être le bouc émissaire de décisions gouvernementales et de servir d'otage pour que l'on prouve que toute la population doit faire attention. On paye pour beaucoup d'incohérences parce que quand on pense aux regroupements dans les parcs, etc. on sait que ce ne sont pas les clients ni les esthéticiennes qui contaminent. Les protocoles sont respectés et stricts.",

déplore Laurence Wuylens, présidente de l'Union nationale de l'esthétique et du bien-être.

"Même si on a travaillé intensément en mars, ce n'est pas assez, on aura besoin d'aides supplémentaires."

Du côté du terrain, on entend le même son de cloche : sentiments de déception et d'injustice.

"On est dépité, on nous avait dit qu'on ne jouerait pas au yoyo et là on referme après trois semaines"

déclare Aline Leukeuche, gérante d'un salon d'esthétique.

"On vit très mal la situation, c'est incohérent. On a même eu un contrôleur qui est venu nous dire que tout était en ordre, on respecte toutes les mesures",

ajoute-t-elle.

Pour l'Union des classes moyennes, le sentiment de frustration et de colère est partagé. Frustration, colère, désespoir : ce sont aujourd'hui les sentiments dominants dans les métiers de contact et les commerces non alimentaires.

 

Vandenbroucke déçoit le secteur

Les propos et l'attitude du ministre fédéral de la Santé déçoivent les professionnels des métiers de contact depuis plusieurs mois, et la déception continue aujourd'hui.

"Je ne pense pas qu'on ait été considéré par Frank Vandenbroucke, on a dû faire appel à d'autres ministres comme David Clarinval ou Pierre-Yves Dermagne",

se plaint Laurence Wuylens, en ajoutant déplorer le fait que M. Vandenbroucke s'arrête au mot "contact" pour juger de la fermeture du secteur.

"Sait-il réellement quels sont les contacts dans nos métiers ? Il ne réfléchit pas à la façon dont les contacts se font",

exprime-t-elle.

"Il nous avait dit que si on ouvrait les métiers de contact, ce serait pour de bon. On voudrait des analyses et des chiffres qui prouvent les infections dans les métiers de contact, et pas juste être fermé car on s'appelle 'métiers de contact'"

Une décision qui doit entrer en vigueur ce vendredi 26 mars à minuit.

Le double droit passerelle continue à être actif pour les secteurs concernés par les fermetures annoncées.

 

I. Machiels

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