24.03.21
10:27

Ambassadeurs convoqués: la Chine dénonce "l'hypocrisie" des Européens

La Chine a dénoncé mercredi "l'intimidation et l'hypocrisie" des Européens, après la convocation de ses ambassadeurs dans plusieurs pays à la suite des sanctions prises par Pékin contre des parlementaires et des organisations.

La Chine a dénoncé mercredi "l'intimidation et l'hypocrisie" des Européens, après la convocation de ses ambassadeurs dans plusieurs pays à la suite des sanctions prises par Pékin contre des parlementaires et des organisations.

"La Chine n'accepte pas cette façon déraisonnable de certains pays européens de convoquer ses ambassadeurs", a déclaré devant la presse la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hua Chunying.

Lors de leur convocation, les ambassadeurs chinois ont "clairement exposé la position" de leur pays et "solennellement protesté envers les Européens", a-t-elle rapporté.

Après les Pays-Bas la veille, l'Allemagne, la France, le Danemark, la Suède et la Lituanie ont sermonné mardi à leur tour les représentants de Pékin. La Belgique et l'Italie devaient faire de même à la suite des sanctions prises par Pékin contre 10 parlementaires européens.

Le régime chinois a ainsi répliqué à l'imposition de sanctions par l'UE contre quatre responsables chinois pour la répression de la minorité musulmane des Ouïghours dans la région autonome du Xinjiang (nord-ouest). Par un jeu de miroirs, elle a aussi convoqué plusieurs ambassadeurs européens en poste à Pékin.

"Les Européens s'autorisent à diffamer et à attaquer les autres et imposent arbitrairement des sanctions fondés sur de fausses informations et des mensonges, mais ils refusent de laisser la Chine répliquer et riposter", a dénoncé Mme Hua.

"C'est du deux-poids, deux mesures, un exemple d'intimidation et d'hypocrisie", a-t-elle martelé.

La poussée de fièvre la plus spectaculaire est survenue à Paris où le ministère des Affaires étrangères a vertement sermonné mardi l'ambassadeur Lu Shaye, lui reprochant "insultes, invectives et menaces" à l'encontre d'un chercheur, Antoine Bondaz, et de parlementaires français qui comptent se rendre à Taïwan, l'île revendiquée par Pékin.

"Ces méthodes d'intimidation sont inacceptables et franchissent toutes les limites communément admises pour une ambassade", a tonné Paris.

Spécialiste de l'Asie à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), M. Bondaz avait été qualifié de "petite frappe", "hyène folle" et "troll idéologique" dans un communiqué de l'ambassade de Chine.

Interrogée, Mme Hua a critiquée à son tour le spécialiste français. 

"Nous attendons de la France qu'elle réfrène le chercheur en question et lui demande de cesser de propager des rumeurs et de diffamer la Chine", a déclaré la porte-parole de Pékin.

L'ambassadeur de Chine à Paris ne s'était pas immédiatement rendu à la convocation de la diplomatie française lundi, invoquant des problèmes d'agenda.

"Nos ambassadeurs ont leurs propres agendas", s'est défendue Mme Hua.

Par contraste, l'ambassadeur de l'UE à Pékin, Nicolas Chapuis, avait dû se rendre tard lundi à une convocation du ministère chinois des Affaires étrangères à la suite de l'annonce des sanctions par l'Union européenne.

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