18.03.21
09:07

Un an de confinement: stratégie payante?

Il y a un an jour pour jour, les Belges se réveillaient confinés pour la première fois. La veille, la première ministre Sophie Wilmès annonçait un lockdown total et un mot d’ordre: restez chez vous. On se souvient tous aujourd’hui des rues désertes, des magasins, restos, lieux culturels fermés. Après l’Italie, et la France, la Belgique suit le pas. Un an après le premier confinement strict : quel bilan? La stratégie s’avère-t-elle payante? Etait-ce la bonne option? Pour répondre à La Question de la Matinale, trois avis, trois profils, trois analyses de cette année sous confinement : Christos Doulkeridis, bourgmestre d’Ixelles, Laurent Hermoye, docteur en sciences médicales, expert en neurosciences et Jean-Michel Hougardy, directeur général médical de l’hôpital Erasme.

Le premier confinement

Il était important, selon Laurent Hermove, de geler la situation jusqu'à en savoir plus. Une décision qu'il qualifie de "raisonnable", d'autant plus qu'elle était plus simple à prendre au début, car "on avait tous peur et donc de manière docile, on a accepté". Un commentaire que Christos contredit. "La mesure a été acceptée de manière citoyenne."

Quel constat après un an?

L'état d'esprit de la population a changé. Aujourd'hui nous faisons face à une lassitude extrêmement importante. Une réalité qui se fait fortement ressentir ces derniers temps par les nombreuses manifestations. "La situation devient explosive en termes de potentiel destructeur de la santé mentale des aspects sociaux de la vie" constate le docteur en sciences médicales. Ajoutant qu'on a tendance à trop axer son attention sur les courbes, les hospitalisations et les morts du coronavirus, oubliant donc les courbes économiques, psychologiques, sociales et médicales. "On n’a jamais vu autant de mise en observation des jeunes adultes. On n’a jamais vu autant de problèmes d’anorexie chez les jeunes," observe Jean-Michel, confirmant qu'il va falloir prêter attention à une série de choses dont celles citées par Laurent Hermove.

Confiner, la seule solution ? 

Selon les propos de Jean-Michel Hougardy, directeur général médical de l'hôpital Erasme, confiner n'est pas la seule solution. "Il faut continuer à chercher toute une série de mesures qui permettent une forme de recirculation maîtrisée par rapport à ce virus qui s'adapte à notre réalité". Une mesure qui n'est plus supportable remarque le bourgmestre d'Ixelles. "Je suis conscient qu’aujourd’hui toutes les mesures qui existent encore ne sont pas supportables dans la durée. Si on devait en rajouter, ça serait extrêmement difficile de les supporter. Ce qui voudra dire qu’il y aura des actions de résistance".

Confiner c'est devenu une habitude

Lorsque les chiffres augmentent, on pense à confiner. Mais ce n’est pas la solution d’après Laurent Hermoye. "Il faut faire avancer cette campagne de vaccination". On est à 7% en Belgique, ce qui est peu comparé aux autres pays. "Cette vaccination avance à rythme d’escargot,"conclut-il.

+29% de contaminations

Depuis le 20 février, il y a une augmentation des cas. Jean-Michel Hougardy pointe du doigt le problème de l'augmentation des lits d'hôpitaux qui doivent être libérés pour les patients Covid au détriment des autres patients. "C'est une question d'équilibre".

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