08.03.21
09:19

Le feu couve…

Couvre-feu, réouverture de l’Horeca : les politiques se déchirent sur les mesures anti-Covid. Et les Belges comptent les points. Explications avec Martin Buxant dans La Matinale.

 Ca part à nouveau dans tous les sens au niveau de la lutte anti-Covid. Avec un nouvel objet de discorde: après les masques de protection, après le testing, après la vaccination, dames en heren, mesdames et messieurs, voici les palabres, les discussions, les disputes au sujet du couvre-feu.

Pour rappel, à la Belge, on a un couvre-feu qui pointe à 22heures en Région bruxelloise et à minuit en Wallonie et en Flandre. Ce qui est déjà très pratique mais là, depuis ce week-end, on se surpasse puisque la N-VA, le plus grand parti d’opposition, va introduire une proposition de loi pour abolir le couvre-feu en Belgique…

Ce qui est logique, la N-VA est dans l’opposition au fédéral. Sauf que Jan Jambon, N-VA, ministre-président flamand qui a donc lui-même décidé du couvre-feu en Flandre, indique que c’est une mauvaise mesure et qu’il n’en a jamais vraiment voulu… Eventuellement, il aurait pu y penser plutôt, mais soit.

La majorité, elle, les 7 partis de la Vivaldi, n’attend jamais bien longtemps avant de sauter à pieds joints dans une sympathique petite polémique de week-end. Dans la foulée de la déclaration de la N-VA, Georges-Louis Bouchez, président du MR, a indiqué que pour lui aussi, ce couvre-feu, avait fait son temps et qu’il fallait songer à l’abolir. Notez: il a fait cette déclaration sur le plateau du "Zevende Dag", sur la VRT, en français, mais sous-titré en néerlandais.

Vous suivez toujours?  Vous allez adorer la suite. Le MR veut en finir avec "cette restriction de libertés". Et qui trouve-t-on en face? Frank Vandenbroucke, évidemment! Le ministre de la Santé, pourtant dans la même coalition que le MR, a redit que ce couvre-feu allait demeurer. Pourquoi? Parce que. Quand Frank Vandenbroucke dit quelque chose, on s’éxécute.

En deux temps, le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne est venu à son secours, en plaidant d’abord avec ferveur pour maintenir le couvre-feu aussi longtemps que l’Horeca serait fermé… Et puis, il a vu que ça passait quand même mal et sur les réseaux sociaux, il s’est cru obligé d’ajouter : "Je ne défends pas cette mesure de gaieté de cœur".

Bref, vous l’avez compris: la N-VA n’a même pas déposé sa proposition de loi anti couvre-feu que la majorité éclate dessus.

 

Et à Bruxelles, on en est toujours à un couvre-feu à 22h00. Autre salle, autre ambiance. On fait les choses à un autre rythme à Bruxelles. Le gouvernement bruxellois envisage de se réunir cette semaine avec les bourgmestres pour discuter du couvre-feu à 22h00. Aucune perspective d’assouplissement en vue à ce nivau-là, semble-t-il, malgré les demandes répétées en ce sens. Hier, dimanche, des centaines de cyclistes ont manifesté leur mécontentement dans les vertes allées du bois de la Cambre. A la décharge des autorités bruxelloises, les courbes d’infections et d’hospitalisations ont tendance à remonter dans la capitale. 

En flandre, le débat fait aussi rage autour de l’Horeca… Avec, dans le rôle du boutefeu de service, le bourgmestre de Middelkerke Jean-Marie Dedecker qui a carrément appelé a la désobéissance civile et a indiqué que dans sa commune, il allait laisser les terrasses s’installer dès cette semaine pour que l’Horeca puisse rouvrir. "L’Horeca est le bouc émissaire de ce gouvernement De Croo/ Vandenbroucke, on est en train de tuer toute l’économie de la côte belge en empêchant les gens de s’y rendre et de consommer. Nous allons rouvrir avec des protocoles et montrer à De Croo et Vandenbroucke que ça fonctionne très bien". Ce à quoi le ministre-président flamand a rétorqué que cette réouverture était interdite. Ce qui augure d’une suite mouvementée au prochain épisode. On ne s’embete pas le week-end en Belgique… 

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