18.02.21
15:37

Faut-il vivre avec le virus ou tenter de l’éradiquer à tout prix?

La stratégie zéro Covid, adoptée notamment par l'Australie et la Nouvelle Zélande, est-elle applicable chez nous? Ou bien faut il accepter de vivre avec le virus? Le débat rassemblait hier dans les visiteurs du soir Yves Van Laethem, Christie Morreale,  Jean-Louis Lamboray et Yves Coppieters. 

La stratégie "zéro Covid" vise à réduire à zéro la circulation du coronavirus dans une région ou un pays, grâce à des mesures strictes prises dès que des cas apparaissent, combinées à un contrôle drastique des foyers d'infection (tester, tracer, isoler). Parallèlement, la vie normale peut se poursuivre dans les zones où le virus ne circule pas. De plus en plus de spécialistes plaident pour que cette stratégie soit appliquée en Europe.

Mais pour Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral Covid-19 et Christie Morreale, ministre de la Santé au gouvernement Wallon, il n'est pas possible d'organiser une telle stratégie dans notre pays.

"Il s’agit d’îles qui s’auto-confinent, elles profitent de leurs avantages géographiques. Ce n’est pas possible pour tous les pays. En Belgique, cette stratégie ne serait pas efficace", indique Yves Van Laethem. Du même avis, Christie Morreale, qui souhaite un mélange entre santé mentale et confinement, ne pense pas non plus que ce soit possible à mettre en place dans un pays au coeur de l'Europe". 

Une autre question a pris une bonne place dans le débat: les mesures devraient, elles, être adaptées pour les personnes plus à risque et celles qui le sont moins? C'est en tout cas ce que propose Jean-Louis Lamboray, spécialiste en santé publique et cofondateur de Onu Sida. "Moi, vieux, je suis triste de voir comment on restreint la liberté de mes enfants et de mes petits-enfants, alors qu’eux n’ont pas de risques. Agissons où ça se passe, c’est-à-dire vers les personnes vulnérables, concentrons nos efforts sur eux."

Pour Yves Van Laethem, cette question de la stratégie Covid ne se posera plus dans le futur. "Dans le futur, il faut protéger les gens à risque qui le souhaitent. Chacun décide d’être protégé ou pas par le vaccin et à ce moment là on vit avec le virus sans haut et bas, sans confinement et déconfinement, sans masques à certains moments. Il y aura un prix à payer comme on paye un prix à la grippe, aux accidents de la route et on trouve ça normal (...) A un moment, il faudra simplement vivre avec ce virus comme un certain aléa de l’existence, chacun aura l’occasion ou pas de faire son choix, on se vaccine, on ne se vaccine pas. Celui qui ne souhaite pas être vacciné et qui souhaite porter un masque, ce sera son droit. Chacun pourra prendre sa décision, maintenant qu’il existe des gilets pare-balles, c'est-à-dire les vaccins."

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