15.02.21
12:35

"Twitter va-t-il tuer la démocratie?"

En quelques années seulement, Twitter est passé du texte humoristique, irrévérencieux, aux mots indignés, violents, voire au harcèlement. Samuel Laurent, journaliste et auteur de l’ouvrage "J’ai vu naître le monstre: Twitter va-t-il tuer la #démocratie?" témoigne de son harcèlement dans La Matinale.

Twitter, entreprise californienne créée en 2006, a pris un tournant en termes d’informations et de communication. Un réseau qui devait se faire porte-voix de la démocratie a fini par diviser, créer des camps et des oppositions. Le noyau de l’actualité est d’ailleurs devenu un rassemblement de trolls - terme employé depuis le début du web pour désigner un utilisateur de forum ou de réseau social qui prend plaisir à se montrer agressif, cynique, de mauvaise foi, dans le but d’énerver ses interlocuteurs, et décrédibilisant les médias traditionnels. Cet outil qu’on imaginait mettre fin aux dictatures a fini par se transformer en une machine à diviser.

Le retweet, créé par Chris Wethrell, en 2009, consistant à partager un tweet est défini par son fondateur lui-même comme une arme chargée donnée à un enfant de 4 ans. Ce concept a pris de l’ampleur et bouleverse les codes qui se sont vus confondre la bonne information et la mauvaise information. Un tweet qui a été retweeté de nombreuses fois n'est pas nécessairement synonyme de véracité. Alors info ou intox? Telle est la question que se pose Samuel Laurent. Fact-checker de profession pour le journal Le Monde, il vérifie instantanément la véracité des faits – profession accueillie avec peu d’enthousiasme par ses confrères et par le monde politique. D’autant plus que ce réseau, défini comme "élitiste" par Samuel Laurent, est très fréquenté par les politiques et les journalistes. "En France, on n’a pas vu venir les gilets jaunes parce qu’ils étaient sur Facebook. Ils seraient allés sur Twitter, on les aurait détectés plus tôt," interpelle l’invité.

 

"Il faut pendre Samuel Laurent et écarteler toute sa famille"

En 2008, Samuel Laurent s’inscrit sur la plateforme, et fait partie, à cette époque des cinq journalistes français les plus influents de Twitter. Mais dix ans et 120.000 tweets plus tard, le harcèlement se fait de plus en plus présent. Samuel Laurent a frôlé le burn-out. "Il faut pendre Samuel Laurent et écarteler toute sa famille," cite par exemple Catarina, présentatrice de la Matinale. Ces insultes, parmi tant d’autres ont poussé le journaliste à couper les ponts en termes d’écriture avec Twitter. Aujourd’hui, il ne fait que consulter, car "c’est un réseau dont a du mal à se passer professionnellement".

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