11.02.21
11:05

"Ce sont les passeurs qui décident qui rentre ou pas sur notre territoire"

Comme tous les jeudis, le "Oui mais Nee" proposait un débat entre Theo Francken, député fédéral N-VA, et François Gemenne, professeur à la Sorbonne et à Science Po Paris, arbitré par Martin Buxant. Le sujet principal était l'immigration.

Le premier débat était lié à un fait d’actualité belge, les débats et auditions de cette semaine au parlement fédéral concernant l’impact de l’immigration en Belgique, où François Gemenne était auditionné comme expert et où Theo Francken était rapporteur pour la commission de l’ùintérieur. Ce débat faisait suite à un rapport demandé par la BNB. Les derniers chiffres montrent un impact positif sur le PIB (3,5%)

Selon François Gemenne, on ne se pose pas la bonne question en parlant simplement du coût de l'immigration. "Nous jugeons toujours l’immigration à l’aune de sa contribution économique et si on devait faire ça pour nous trois, il y a que vous, Mr Buxant, qui rapporterait de l’argent. Theo francken et moi-même sommes tous les deux payés par de l’argent public, ce qui rend notre contribution est négative", ironise Gemenne. 

Theo Francken, fidèle à lui-même, est plus strict sur les questions d'immigration. Pour lui, il ne faut pas mélanger tous les types de migration. "La migration, ça n’existe pas. Quand on parle des immigrés d’Inde pour travailler à Anvers, ou des immigrés des Etats Unis, ou qu’on parle des immigrés subsahariens et du Maghreb, ce n'est pas la même chose", tente-t-il d'expliquer en relativisant les bons chiffres sur l'immigration. "Quand on parle d’immigration non-européenne, seuls 30% des gens travaillent après 5 ans et ça, ça donne un impact négatif sur l’économie."

Le député flamand estime qu'on laisse trop "notre porte ouverte" et qu'il faut impérativement une meilleure politique d'intégration. "On doit laisser apprendre la langue. Le français, c’est plus facile parce que beaucoup d’immigreés parlent français. Mais l’immigration en Flandre est plus difficile. Il faut une politique d’intégration", tout en régulant en même temps l’immigration. "Je veux des conditions strictes sur l’immigration, sur qui peut rentrer et qui ne peut pas. Il faut également une politique contre la discrimination." 

François Gemenne admet qu'on a un problème avec le fait que le taux de chômage soit plus élevé chez les personnes immigrées que chez les travailleurs belges. Mais pour le professeur de Science Po Paris, le phénomène s'explique par des problèmes de discrimination et de reconnaissance de diplômes. "Il y a des problèmes d’accès au marché du travail, des problèmes administratifs et des problèmes de discrimination. Il faut pouvoir chiffrer le coût des discriminations. On a un problème de reconnaissance des diplômes. Certains immigrés très qualifiés ne peuvent pas exercer leur métier," regrette le professeur. 

 

Une régulation européenne

Franois Gemenne déplore le manque d'action européenne, ce qui offre la part belle aux passeurs. "La régulation qu’on fait à l’entrée, ce n’est pas une fermeture avec des règles, c’est une fermeture hermétique des frontières, qui fait mourir les gens en mer et qui entretient le commerce des passeurs. On n’a pas de politique européenne sur cette question. Ce sont les passeurs qui décident qui rentre ou qui ne rentre pas sur notre territoire", insiste François Gemenne. 

Theo Francken aimerait s'inspirer du modèle australien très controversé pour s'occuper des problèmes d'immigration, ce que le professeur de Science Po Paris dénonce. "Il y a chaque année des gens qui meurent dans des centres d’asile en Australie. Le pays est souvent condamné par l’ONU." 

Le deuxième sujet du débat s’intéressait au retour en force des dictatures avec notamment le coup d’Etat en Birmanie. Faut-il s'inquiéter d'une montée du totalitarisme en Europe? L'intégralité du débat est à voir ci-dessus.

 

Gilles Chevalier

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