10.02.21
14:27

"Il faut humaniser les plateformes de streaming"

"Je me fabrique un endroit de liberté", avait lancé Pascal Obispo, qui rompt les amarres avec les maisons de disques et embarque à bord de sa plateforme, pour toucher directement le public, sans contrainte dans ses choix. "Je ne vois pas à quoi me servirait une maison de disques", établissait l'artiste, qui a lancé en janvier son interface "Obispo All Access". Il était l'invité de #Causetoujours, épisode 44.

Humaniser les plateformes de streaming en réunissant les talents artistiques est le nouveau pari que s’est lancé le chanteur. "La musique, c’est le résultat d’une association de talents, qui va du photographe, au graphiste, au monteur, au mixeur, au réalisateur, au musicien. Sur Spotify, on appuie sur un bouton, on nous fait des playlists et on peut écouter les artistes qu’on a choisi. Mais on en écoute finalement peu et ce qu’on n'a pas, c’est tout ce qui se passe derrière."  Ce que les artistes aiment, ce qu’ils font en dehors de la musique, les interviews et les rencontres sont des éléments qu’on retrouve aussi dans "All Access".

"Cette application est née d’une frustration de ne pas pouvoir sortir des spectacles enregistrés. Qu’allaient devenir ces enregistrements? Je n’allais même pas pouvoir profiter d’un seul sourire, d’une seule réaction. Et c’est aussi parti du fait qu’on n'est pas libre dans notre tempo, qu’on est obligé de faire un disque tous les 2 à 3 ans, ce qui veut dire qu’il y a 144 semaines où l’on ne fait rien, et à attendre quoi? Moi je suis un créatif, j’ai envie d’être sur scène, j’ai envie de faire de la musique. J’ai donc pris la liberté de me retrouver seul avec les gens et les propositions que je vais faire…"

All Access pourrait être, selon l'artiste, le futur des plateformes de streaming, "où il y aurait éventuellement quelque chose de plus humain. On ne peut pas laisser juste la technologie être seule et nous à côté, on ne peut pas la subir. En plus de la fabriquer, on doit l’accompagner pour l’humaniser et justement intégrer ce qu’on est et qui nous manque aujourd’hui, c’est-à-dire le rapport humain, la chaleur, la communication, les maladresses, les conneries, les rires… Dans All Access, vous avez accès à tout, à la musique d’avant, de maintenant, aussi bien à des cover et instrumentaux, des documentaires, des karaokés, des cours de musique, du live, des jeux, des cours de musique."

Le prix d'un billet de concert couvre un an d'abonnement pour les nouveautés présentées sur cette application disponible sur Apple Store et Google Play, soit 5,99 euros par mois. Tous les vendredis, des contenus sont mis en ligne. Obispo a préparé un solide stock d'inédits à écouler et déjà "planifié sur deux ans" les projets prévus. Une multitude de formats sont au programme, entre lives jamais diffusés, documentaires, clips, films d'animation, BD, masterclass, etc. Obispo se défend de "toute opération financière, comme le disent les haters (critiques sur les réseaux sociaux)". "J'ai mis tous mes sous là dedans, si je voulais gagner de l'argent, je n'aurais pas fait comme ça, je me fabrique un endroit de liberté", insiste l'auteur du tube "Lucie". "Mais je ne suis pas une multinationale, si je dois m'arrêter parce que ça ne marche pas assez, au pire, je peux faire un album tout seul, car je sais jouer de tous les instruments (rires)".

De nouveaux morceaux ou albums sont aussi au menu. Obispo, qui voulait être "maître du bateau, libre dans le tempo et l'éclectisme" va ainsi sonner jazz ou encore reggae, entre autres, au fil des équipages recrutés pour l'odyssée. 

Retrouvez l’émission en intégralité

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