28.01.21
09:58

Tempête chez les musulmans de Belgique

 Il y a du rififi dans l’organe qui représente les musulmans du pays, l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB). On sait que cette coupole rassemble et essaye d’organiser le culte musulman chez les centaines de milliers de fidèles que compte la Belgique. On sait aussi que l’ex-président Salah Echallaoui vient d’être écarté, car les services secrets belges le soupçonnent d’espionner pour le compte du Maroc. On sait enfin qu’un nouveau président ad interim vient d’etre désigné. Il s’agit de monsieur Noureddine Smaïli en remplacement de M. Echallaoui.

On fait du neuf avec du vieux et ça ne répond pas vraiment aux attentes du ministre de la Justice qui a la tutelle sur l’Exécutif des Musulmans de Belgique et demande un renouvellement des structures. Le nouveau président n’est en fait que l’ancien président qu’on a remis en selle dans l’urgence. L’affaire fait grand bruit – jusque très haut, notamment au Maroc où les autorités n’ont pas du tout apprecié que la Belgique presse l’ex-président de demissionner. "On compte 800.000 Belgo-marocains en Belgique, il s’agit de nous respecter", m’a ainsi dit une haute source marocaine.

Dans l’Exécutif des Musulmans de Belgique, il y a un traditionnel partage de pouvoir entre Marocains et Turcs, les deux plus grosses communautés musulmanes du pays, pour se répartir le "gâteau". Le style poussif du nouveau ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne qui veut remettre de l’ordre, ainsi qu’un rapport dont LN24 a pu se procurer copie, complique le petit train-train quotidien de l’EMB. 

Ce rapport dit notamment que l’EMB n’est pas assez mixte et pas assez représentatif de la communauté des musulmans de Belgique. Un manque de confiance criant accordé aux femmes, peut-on aussi lire. Et puis, le système basé sur la délégation de représentants des communautés islamiques locales ne fonctionne pas. De nombreux délégués venaient en fait de mouvements extrémistes. Pourtant, c’était un système mis en place pour remplacer le système électoral de tous les musulmans. Entre 1998 et 2005, c’était un vote de tous les musulmans de Belgique mais ça ne marchait pas non plus. Il faudrait en tout état de cause réduire le nombre des membres de l’assemblée générale des musulmans, (dont les 51 membres actuels sont désignés parmi les 292 représentants des mosquées du Royaume), ainsi que les 17 membres mêmes de l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

Quoiqu’il en soit l’infiltration des délégués par les mouvances extrémistes démontre que ce système ne fonctionne pas non plus. Conclusion: il faut relever drastiquement le niveau de l’EMB et rendre sa gestion efficace, dit le rapport.

Il y a un mot aussi sur les mosquées. La reconnaissance des mosquées n'est pas assez rapide, le screening des autorités pour reconnaître les mosquées ne fonctionne pas. Il y a aussi le cas de la Grande mosquée de Bruxelles: fini le wahhabisme de la Ligue islamique, on sait que l’Arabie Saoudite avait amené le radicalisme et  le wahhabisme. Mais malgré qu’on s’en soit débarrassé, "de nouvelles ingérences extrémistes" y sont constatées… Attention donc, c’est au cœur de Bruxelles… à deux pas de la Commission européenne.

A côté de ces infiltrations extrémistes, le rapport note aussi  l’insuffisance de maîtrise des langues nationales par certains imams. Bref, il y a tellement de pain sur la planche qu’on ne sait par où les musulmans de Belgique doivent commencer. 

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