12.01.21
11:17

Bruxelles, dindon de la farce du plan de relance

Comment vont être répartis les 5,9 milliards d'euros du plan relance en Belgique? Cette enveloppe est-elle suffisante? Quelles problématiques risquent d'apparaître? Martin Buxant nous en parle.

Un accord a été trouvé sur le plan de relance belge. Il sera prochainement entériné en Comité de concertation électronique. On va quand même nuancer quelque peu: on a un préaccord sur un projet de répartition de la manne européenne entre entités fédérées et  gouvernement fédéral. Ce préaccord doit encore être soumis à l’approbation de la Commission européenne mais il faut dire ce qui est: l’équipe De Croo/Dermine, qui a chapeauté les négociations de répartition, remporte un premier trophée .

 

L'enveloppe totale de 5.9 milliards d'euros devrait être répartie ainsi :


- 1.25 milliard au Fédéral

- 2.25 milliards pour la Flandre

- 1.48 milliard pour la Wallonie

- 495 milliards pour la FWB

- 395 millions pour Bruxelles

- 50  millions pour la partie germanophone 

 

En pourcentage, c’est intéressant : 21% pour fédéral, 38% pour la Flandre, 25% pour la Région wallone, 8,4% pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, 6,7% pour Bruxelles et 1% pour les germanophones.

Le compte est bon?  Oui et non. Selon qu’on soit flamand ou wallon, le compte est bon… En revanche, si vous êtes bruxellois, vous avez de quoi faire grise mine ce matin. Rudi Vervoort, qui doit se contenter de 6,7% de l’enveloppe, alors que la Région bruxelloise compte plus d’1 million d’habitants, son PIB et son prestige sont  importants et rayonnent sur la santé économique de toute la Belgique. C'est le siège des institutions européennes qui doit se contenter des miettes du gâteau de la relance…. On n'a pas fini d’en parler de cela... Flamands et Wallons se sont entendus sur le dos de Bruxelles avec la bénédiction du fédéral.

 

Mise à jour : Bruxelles bénéficiera aussi de 25% des fonds destinés à la Fédération Wallonie-Bruxelles. En tenant compte de cette clé de répartition, les Bruxellois recevront donc 428 euros/habitant là où les Wallons recevront 522 euros/habitant et les Flamands 341 euros/habitant.

 

Pour le reste, on sait qu’il y a pour 24 milliards d’euros de projets qui sont rentrés dans les tiroirs de la boutique du secrétaire d'Etat Thomas Dermine. Or, on ne dispose "que" de 6 milliards. Il va donc grosso modo falloir élaguer et ne retenir qu’un seul projet sur quatre. Sauf si le privé vient doper cette enveloppe…

Quoi qu‘il en soit,il y a cinq axes au plan de relance pour les projets :

- digital (5G, infrastructures ;…)

- développement durable et transition écologique (efficacité énergétique, parcs naturels, etc)

- mobilité (infrastructures ferroviaires, routières , etc)

- productivité (marché du travail, R&D,…)

- inclusion/vivre ensemble (enseignement , social)

- 50 millions pour la communauté germanophone
 

Le communiqué de Thomas Dermine, secrétaire d'Etat pour la Relance et les Investissements stratégiques concernant le plan de relance:

Le gouvernement fédéral et les entités fédérées sont parvenus à un accord politique sur une première version du Plan de relance et de résilience, et sur la répartition des subsides européens entre les différentes entités du pays. L'accord sera prochainement entériné en Comité de concertation électronique.

Suite à la décision du Comité de Concertation du 23 novembre 2020, un appel à contributions (projets d’investissement et propositions de réforme) avait été lancé par le Secrétaire d’Etat pour la Relance et les Investissements stratégiques, Thomas Dermine, auprès de l’ensemble des gouvernements du pays.

L’ensemble des propositions des différents gouvernements ont été discutées au cours d’un processus de travail inédit et intensif entre les cabinets du Gouvernement fédéral et des entités fédérées. Sur base de ce travail, un premier projet de Plan de relance et de résilience a été rédigé et validé par l’ensemble des parties prenantes. Celui-ci vise à donner un coup accélérateur à l’investissement sur des enjeux aussi critiques que la transition environnementale, le numérique, la mobilité, l’inclusion et la productivité.

 « C’est une étape importante de notre stratégie de relance qui vient d’être franchie. Elle démontre que la coopération peut être une réalité de notre pays sur laquelle nous devons construire l’avenir. L’objectif est d’avoir un plan ambitieux qui permette à la Belgique de faire face à des défis majeurs que sont notamment la transition numérique et environnementale et l’inclusion sociale », commente le premier ministre Alexander De Croo. « Sur cette base, nous allons pouvoir soumettre un premier document à la Commission Européenne pour peaufiner les orientations qui sont reprises dans le projet de plan », poursuit le Secrétaire d’Etat à la relance Thomas Dermine.

Ce processus de travail a été mené dans une logique de concertation large, au-delà-même des cercles gouvernementaux. Ainsi, les partenaires sociaux via le Conseil Central de l’Economie (CCE) et les acteurs composant le Conseil fédéral du développement durable (CFDD) ont déjà remis des avis d’initiative. D’autres acteurs de la société civile, notamment des représentants d’associations environnementales et de la jeunesse ont tenu à apporter leur contribution.

Ce 11 janvier, le Gouvernement fédéral et les entités fédérées se sont aussi positionnés sur une allocation budgétaire allouée aux différents gouvernements. Pour rappel, l’enveloppe initiale de 5,15 mia € mais avait été revue à 5,9mia €. Ces montants sont encore susceptibles d’être réévalués jusque 2023 en fonction de l’évolution des paramètres macro-économiques.


 « L’objectif final étant d’arriver à un plan dont le coût total estimé se rapproche de l’enveloppe disponible (5,925mia €), il convient d’ici à la remise finale du plan en avril 2021 de finaliser la sélection des projets prioritaires et d’en renforcer la qualité et la cohérence. », insiste le Secrétaire d’Etat.

« La date finale de soumission du plan de relance est commune à tous les Etats membres. La date finale de soumission est fixée à fin avril 2020. Pour respecter ce délai, un premier draft complet doit être introduit au plus tard fin janvier. Sur base de l’accord aujourd’hui, la Belgique devrait être dans les temps par rapport à cet objectif européen important », conclut Thomas Dermine. 

Partager cet article

En lien avec l'article