03.12.20
16:14

Le MR et le PTB en colère sur le péage urbain, Gilkinet appelle au dialogue

Alors que la Région bruxelloise adopte son projet de "péage urbain", les réactions politiques ne se sont pas faites attendre.

L'objectif du projet est double: 

  1. Réduire le trafic de 25% dans la capitale d'ici 2030;
  2. Diminuer l'impact environnemental et sanitaire en améliorant la qualité de l'air

L'accord a été fixé au niveau du gouvernement bruxellois. Les négociations avec les Régions flamandes et wallonnes devraient commencer au cours des prochaines semaines. 

La taxe de circulation serait notamment supprimée pour les Bruxellois, mais pas pour les navetteurs. 

 

Le MR et le PTB en colère

De son côté, le MR bruxellois déplore le fait que la Région fasse cavalier seul alors que Vervoort appelait il y a quelques jours à peine à renouer avec la tradition de la concertation.

"De nouveau, ce gouvernement fait les choses à l'envers et veut imposer un projet arrêté avant même d'avoir concerté. Vu les réactions du côté wallon et flamand, cette manière de faire à la hussarde a peu de chance de fonctionner."

affirme David Weytsman, chef de groupe MR à la Ville de Bruxelles.

"Certains commerces sont déjà à terre à cause de la situation sanitaire, le gouvernement bruxellois va leur donner le coup de grâce avec cette taxe kilométrique",

poursuit le libéral.

"Après un bref calcul, nous estimons que cette taxe pourrait coûter 1.000€ en plus par an à certains indépendants qui ont besoin de leur véhicule dans le cadre de leur travail. Cette taxe est avant tout une taxe sur le travail et elle va pénaliser les travailleurs qui seront, une nouvelle fois, les dindons de la farce."
 

De son côte, le PTB se dit en colère également et rejoint les libéraux.

"Ce sont les travailleurs qu'on va faire payer en augmentant les taxes"

a déclaré le chef de groupe à la Chambre Raoul Hedebouw à notre micro.

"Ceux qui pourront payer circuleront et on aura une circulation à deux vitesses du point de vue de la fortune, moi je ne comprends pas ce genre d'approche-là"

 

Quelle solutions pour le MR ?

Côté solutions, le MR propose d'investir dans les transports en communs et les parkings de délestage pour une transition positive et maitrisée.

"Sortir le bâton des taxes supplémentaires est une voie rapide et plus facile que de construire une vision pérenne de la mobilité"

Pour résoudre le problème de la saturation automobile, il faut investir dans le service public, explique, de son côté le PTB, rejoingnant la droite sur ce point.

"Il faut investir dans le transport public et trouver des alternatives pour les gens. Et demander aux gens de faire deux heures de plus en transports en commun qu'en voiture, n'est pas humain"

Par ailleurs, les libéraux bruxellois mettent en garde sur le "risque de construire un mur fiscal autour de Bruxelles et d’isoler encore plus la Capitale déjà très impactée par la crise économique actuelle."

"Le MR réclame une concertation de tous les acteurs de la vie sociale et économique"

"On a l’impression que le gouvernement bruxellois utilise la mobilité comme étendard de la transition écologique pour cacher la situation économique désastreuse de la capitale et le manque d’ambition pour la lutte contre le réchauffement dont presque 70% dépend de la rénovation des bâtiments mal isolés à Bruxelles"

conclut David Weytsman.

 

Les trois organisations patronales réclament un cadre interrégional

Les trois organisations patronales - BECI-VOKA-UWE s'opposent à un péage urbain à Bruxelles. Ils sont favorables à l'introduction d'un prélèvement kilométrique intelligent afin d’améliorer la gestion globale de la mobilité sur nos routes.

Un tel prélèvement peut différer entre les 3 régions mais il doit fonctionner sur base d’un système commun et ne signifie pas la création d’une taxe supplémentaire. Les organisations patronales insistent sur la concertation entre les trois régions afin d'arriver à un système approprié.

"Il convient d’orienter cette fiscalité sur l’usage du véhicule plutôt que sur sa possession",

précise Olivier de Wasseige (UWE).

"Une taxation de l’utilisation suscite chez le conducteur une prise de conscience quant à ses habitudes de déplacement. Il sera incité à les rationaliser. Cela induira une diminution du coût sociétal de la mobilité par la réduction de ses conséquences négatives pour l’environnement et la congestion."

 

Gilkinet appelle à une solution équilibrée et au dialogue

Le ministre fédéral de la Mobilité, Georges Gilkinet prend acte de la décision du Gouvernement bruxellois de solliciter une concertation entre les Régions et l’Etat fédéral sur le modèle Smart Move.

"Afin de trouver ensemble une solution équilibrée à un problème réel d’embouteillages et de pollution de l’air, le ministre s’engage à y participer de façon active et constructive."

Se rendre à Bruxelles tous les jours est trop souvent devenu un défi stressant et polluant, explique M. Gilkinet. Avec Anvers, Bruxelles est la ville la plus embouteillée du pays. Chaque année, les navetteurs et les Bruxellois perdent en moyenne 141 heures dans les embouteillages.

Cette congestion coûte 2,3 milliards à la Belgique chaque année. Chaque année, près de 10.000 personnes meurent à cause de la pollution. Ces chiffres démontrent une réalité quotidienne difficile à vivre pour beaucoup de Belges. 

"Tout ce temps perdu dans les files, tous ces coûts économiques pour nos sociétés et ces impacts sur notre santé… : nous devons aujourd’hui agir. Et ce n’est pas uniquement un problème pour Bruxelles, cette situation concerne toutes les Régions du pays car toutes les personnes qui vivent, travaillent ou se baladent à Bruxelles y sont confrontés.",

indique le ministre de la Mobilité, en ajoutant qu'il jouera son rôle dans cette concertation afin de tenter de trouver un accord sur le sujet.

"Ceux qui vivent ou travaillent à Bruxelles ont droit à une ville accessible et à un air pur. C’est pour cela notamment que le Gouvernement fédéral investit dans le rail pour intensifier progressivement l’offre de trains. Mon ambition est de voir la SNCB garantir à terme un train toutes les 10 minutes depuis les grandes villes flamandes et wallonnes vers Bruxelles et toutes 30 minutes dans chaque gare du pays",

conclut-il.

 

LN24

 

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