03.11.20
06:11

A peine confinée, Vienne sous le choc d'une "attaque terroriste"

Les amateurs de musique profitaient d'un dernier opéra, les jeunes buvaient un dernier verre avant un mois de confinement quand des tireurs armés ont brusquement surgi dans la quiétude de Vienne.

De nombreuses zones d'ombre demeurent mais selon les premiers éléments, l'attaque, menée par plusieurs assaillants dont l'un toujours en fuite, a frappé le cœur de la capitale autrichienne vers 20h00 heure locale. Partie d'une synagogue, elle se serait ensuite déroulée en cinq autres lieux situés à proximité.

Des témoins ont raconté avoir vu un homme tirer "comme un fou" avec une arme automatique. "On aurait dit des pétards, puis on a réalisé qu'il s'agissait de coups de feu", explique l'un d'entre eux sur la chaîne de télévision publique ORF.

 

"Haut les mains" 

Stupeur dans les restaurants et bars du quartier, où les clients sont priés de rester à l'intérieur, lumières éteintes, pendant que les sirènes des ambulances hurlent à l'extérieur. 

"Soudain des gens sont entrés et m'ont dit 'il ne faut ne pas sortir, il y a une fusillade'", décrit Jimmy Eroglu, 42 ans, serveur dans un café.

"Au début, je me suis dit qu'on tournait peut-être un film américain ou qu'ils avaient trop bu", poursuit-il.

Mais il entend alors des détonations et s'empresse de fermer la porte. "Puis la police est arrivée et a dit 'vous devez tous rester à l'intérieur parce qu'il y a un probablement un homme mort là-bas'".

Panique aussi dans les salles de sport, prisées pour leurs dernières heures d'ouverture et soudain plongées dans l'obscurité pour éviter d'être repérées des tireurs.

Sur les réseaux sociaux, la police ne cesse d'appeler les habitants à la prudence: "Restez chez vous!", scandent en boucle les messages sur Twitter.

Hélicoptères survolant les lieux, cordons de police, frontières contrôlées, soldats et policiers mobilisés pour retrouver l'assaillant en fuite: la ville de Vienne se mue rapidement en zone retranchée, tandis que le chancelier Sebastian Kurz condamne "une attaque terroriste répugnante".

Robert Schneider, qui habite non loin des lieux du drame, sort de chez lui quand soudain, il se retrouve "avec deux lasers sur sa poitrine".

"Haut les mains, ôtez votre veste", lui lancent des policiers. "Nous, on n'avait rien vu, rien entendu. On est sous le choc", confie cet homme de 39 ans à l'AFP.

Alors qu'un calme étrange règne dans les rues vides, des parents inquiets sont à la recherche de leur fille de 17 ans, partie rejoindre des amis à quelques heures du second confinement décrété par le gouvernement pour tenter de stopper la vague de contaminations au coronavirus.

Pendant ce temps, les spectateurs de l'Opéra sortent sous escorte policière, étonnés de retrouver leur ville assiégée, après avoir assisté à la performance du ténor franco-italien Roberto Alagna et de la soprano polonaise Aleksandra Kurzak.

Minuit bientôt: les nouvelles restrictions entrent en vigueur, mais soudain la pandémie semble bien loin.

Sympathisant de l'Etat islamique

"Les indices recueillis montrent clairement que c'est une personne radicalisée qui se sentait proche de l'EI", a déclaré Karl Nehammer lors d'une conférence de presse.

Les enquêteurs ont accédé à son logement en forçant la porte avec des explosifs, a-t-il précisé, sans souhaiter donner devantage de détails sur le profil de l'attaquant.

"Lourdement armé", il était équipé d'un fusil d'assaut et d'une ceinture d'explosifs qui s'est révélée factice, selon le ministre.

Karl Nehammer, qui avait affirmé auparavant qu'au moins un autre suspect était en fuite, a dit partir du principe qu'ils étaient "plusieurs" sans pouvoir formellement l'assurer. 

Les enquêteurs tentent de déterminer s'il est possible qu'il n'y en ait eu qu'un seul, alors "que les tirs ont eu lieux en différents endroits", a-t-il souligné.

Bilan revu à la hausse

Le bilan des victimes des fusillades a par ailleurs été revu à la hausse: deux hommes et une femme sont décédés, selon les derniers éléments fournis par la police.

AFP

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