24.10.20
22:13

Erdogan conseille à Macron de se "faire soigner" après ses propos sur l'islam

Il y a deux semaines, M. Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le "séparatisme islamiste" et la nécessité de "structurer l'islam" en France.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris avec virulence samedi à son homologue français Emmanuel Macron à propos de son attitude envers les musulmans de France, mettant en doute sa "santé mentale" et l'invitant à "se faire soigner".

"Tout ce qu'on peut dire d'un chef d'Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c'est: allez d'abord faire des examens de santé mentale", a déclaré M. Erdogan, dans un discours télévisé.

"Macron a besoin de se faire soigner", a-t-il affirmé. "Quel problème a l'individu nommé Macron avec l'Islam et avec les musulmans ?", s'est interrogé M. Erdogan.

Il a aussi prédit que M. Macron allait perdre la prochaine élection présidentielle en 2022 "parce qu'il n'a rien accompli pour la France".

"Vous passez votre temps à vous en prendre à Erdogan, ça ne vous rapportera rien", a encore affirmé le président turc.

Il y a deux semaines, M. Erdogan avait dénoncé comme une provocation les déclarations du président français sur le "séparatisme islamiste" et la nécessité de "structurer l'islam" en France.

Un projet de loi sur la lutte contre "les séparatismes" en France, qui vise l'islam radical, doit être présenté début décembre. Il vise à renforcer la laïcité et à consolider les principes républicains en France et comporte plusieurs points susceptibles de provoquer des tensions avec la Turquie, comme le contrôle renforcé des financements des mosquées ou l'interdiction de la formation des imams à l'étranger.

Ce contentieux vient s'ajouter à une longue liste de désaccords entre M. Macron et son homologue turc, qui prend régulièrement la défense des minorités musulmanes dans le monde.

Des tensions en Méditerranée avec la Grèce au conflit en Libye, en passant par les affrontements au Nagorny Karabakh, où Ankara soutient l'Azerbaïdjan contre l'Arménie, de nombreux dossiers opposent actuellement Paris et Ankara.

Samedi, M. Erdogan a accusé la France - coprésidente du groupe de médiateurs dit de Minsk sur le Nagorny Karabakh - d'être responsable de "l'occupation" d'une partie du territoire de l'Azerbaïdjan par des séparatistes pro-arméniens. "Vous pensez pouvoir restaurer la paix en envoyant des armes aux Arméniens, vous ne pourrez pas car vous n'êtes pas honnêtes", a-t-il ajouté.

L'Elysée dénonce les propos "inacceptables" d'Erdogan contre Macron

L'Elysée a dénoncé samedi des propos jugés "inacceptables" du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a mis en question "la santé mentale" de son homologue français Emmanuel Macron en raison de son attitude envers les musulmans.

"Les propos du président Erdogan sont inacceptables. L’outrance et la grossièreté ne sont pas une méthode", a commenté l'Elysée, en annonçant le rappel pour consultations de l'ambassadeur de France à Ankara.

"Nous exigeons d’Erdogan qu’il change le cours de sa politique car elle est dangereuse à tous points de vue. Nous n’entrons pas dans des polémiques inutiles et n’acceptons pas les insultes", poursuit la présidence française.

"La France note par ailleurs l'absence de messages de condoléances et de soutien du Président turc après l’assassinat de Samuel Paty", ajoute l'Elysée, une semaine après le meurtre par un islamiste de cet enseignant, décapité à proximité de son collège de la banlieue parisienne.

La présidence française relève également les "déclarations très offensives de ces derniers jours" du président turc, "notamment sur l'appel au boycott des produits français".

"Depuis son offensive en Syrie, la France n'a cessé de dénoncer le comportement du président Erdogan, les dernières semaines nous ont donné raison", poursuit l'Elysée.

Des tensions en Méditerranée au conflit en Libye, en passant par les affrontements au Karabakh, de nombreux dossiers opposent actuellement Paris et Ankara.

L'Elysée réclame de nouveau samedi "que la Turquie mette fin à ses aventures dangereuses en Méditerranée et dans la région", et dénonce le "comportement irresponsable" d'Ankara au Haut-Karabakh.

"Des exigences sont posées. Erdogan a deux mois pour répondre. Des mesures devront être prises à la fin de cette année", déclare ainsi l'Elysée à propos de la Méditerranée orientale.

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