23.10.20
15:36

Erdogan confirme un test de missiles russes, rejette les critiques américaines

Des médias turcs avaient affirmé que la Turquie avait effectué le premier essai des S-400, dont l'achat par Ankara avait provoqué la colère des Etats-Unis et d'autres alliés de la Turquie au sein de l'Otan. Ce test n'avait jamais été, jusqu'à aujourd'hui, officiellement confirmé.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a confirmé vendredi que son pays avait effectué un premier essai du système russe de défense ultrasophistiqué S-400 et rejeté les critiques américaines à ce sujet.

"Ces tests, il est vrai, ont été effectués et vont continuer", a affirmé le chef de l'Etat turc à des journalistes à Istanbul. "On ne va pas demander l'avis des Etats-Unis pour cela", a-t-il ajouté en réponse aux critiques de Washington.

Des médias turcs avaient affirmé que la Turquie avait effectué le 16 octobre le premier essai des S-400, dont l'achat par Ankara avait provoqué la colère des Etats-Unis et d'autres alliés de la Turquie au sein de l'Otan. Ce test n'avait jamais été, jusqu'à aujourd'hui, officiellement confirmé.

"La Grèce (elle aussi membre de l'Otan) possède des S-300 et les utilise. Est-ce que les Etats-Unis disent quelque chose là-dessus? Non", a  poursuivi Erdogan. "Le fait qu'on possède des armes russes dérange ces messieurs mais nous sommes décidés à continuer à les utiliser".

Selon les médias, le tir d'essai du système S-400 avait eu lieu dans la province de Sinop (Nord).

"Si c'était confirmé, nous condamnerions dans les termes les plus forts le tir d'essai du S-400, incompatible avec les responsabilités de la Turquie en tant qu'allié au sein de l'Otan et partenaire stratégique des Etats-Unis", avait réagi la porte-parole de la diplomatie américaine Morgan Ortagus.

"Les Etats-Unis ont dit clairement qu'ils ne voulaient pas que le système S-400 devienne opérationnel. Et nous avons mis clairement en garde sur les conséquences potentiellement graves pour nos relations en matière de sécurité si la Turquie venait à activer le système", avait-elle ajouté dans une déclaration transmise à l'AFP.

L'acquisition des S-400 par la Turquie, dans un contexte de rapprochement entre Ankara et Moscou, a provoqué des frictions avec plusieurs pays occidentaux qui mettent en avant l'incompatibilité de ces systèmes russes avec les dispositifs de l'Otan.

En réaction à la livraison de la première batterie l'an dernier, les Etats-Unis ont suspendu la participation de la Turquie au programme de fabrication de l'avion de guerre américain dernier cri F-35, estimant que les S-400 pourraient en percer les secrets technologiques.

Washington a également menacé Ankara de sanctions si les S-400 étaient activés. Les informations sur cet essai ont immédiatement poussé les défenseurs de ces sanctions à demander au gouvernement américain de passer à l'acte.

En dépit des mises en garde répétées de Washington, Erdogan a plusieurs fois affirmé que les S-400 seraient bien déployés.

Ankara justifie l'achat des missiles russes en affirmant que les Etats-Unis ont refusé de lui vendre le système américain concurrent de défense anti-aérienne et antimissiles Patriot.

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