07.10.20
07:54

L'OMS, Greta ou RSF? Les paris sont ouverts pour le Nobel de la paix

Les parieurs verraient bien l'OMS en pleine pandémie, les experts penchent plutôt pour la liberté de la presse ou Greta Thunberg: les pronostics vont bon train avant l'attribution du très convoité prix Nobel vendredi à Oslo.

Point d'orgue de la saison Nobel, le prix de la paix, le seul à être décerné dans la capitale norvégienne, alimente son lot de spéculations d'autant plus hasardeuses que la liste des candidats reste secrète pendant au moins un demi-siècle.

D'eux, on ne connaît que le nombre: 318 cette année, à savoir 211 individus et 107 organisations, selon l'Institut Nobel. Une pléthore qui laisse le champ libre à l'imagination des experts. 

"En l'absence de favori éclatant, (...) je pense que l'on pourrait et devrait voir le prix aller à une organisation-parapluie pour les journalistes ou bien à des journalistes sur le terrain", s'avance le directeur de l'Institut de recherche pour la paix d'Oslo (Prio), Henrik Urdal.

"Durant des conflits, il est extrêmement important que des journalistes contribuent à fournir des informations sur ce qui se passe, tant pour établir les responsabilités des camps opposés que pour informer le reste du monde afin que les décideurs puissent évaluer la situation et envisager des mesures", explique-t-il.

Déjà citées comme nobélisables dans le passé, les ONG française Reporters sans frontières (RSF) et américaine Comité pour la protection des journalistes (CPJ) reviennent en boucle.

Dans un domaine très différent, l'adolescente suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le changement climatique, reste d'actualité, seule ou avec d'autres militants, après avoir déjà été la coqueluche des bookmakers l'an dernier. 

Le Nobel était finalement allé au Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, pour ses efforts de rapprochement avec l'ancien frère ennemi, l'Erythrée.

Bien que RSF ait sa préférence, Asle Sveen, historien des Nobel, voit en Greta Thunberg "une candidate possible, absolument". Après la Pakistanaise Malala Yousafzai, la Scandinave serait la deuxième plus jeune lauréate en près de 120 ans d'histoire Nobel.

"Même si on est actuellement en pleine pandémie, le changement climatique sur le long terme est bien plus grave" que le Covid-19, fait valoir Asle Sveen.

 

Pas de Nobel pour Trump 

L'épidémie de nouveau coronavirus, justement, a propulsé l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en tête des favoris sur les sites de paris en ligne, juste devant Greta Thunberg.

Ce prix, qui serait le 12e de l'histoire à avoir trait aux Nations unies, représenterait pour les cinq membres du comité Nobel norvégien une façon de saluer la voie du multilatéralisme pour combattre la maladie. 

Mais l'OMS a aussi été très critiquée pour sa supposée lenteur à réagir et, d'après Donald Trump, l'influence que la Chine y exerce.

Encore faut-il aussi qu'elle ait été proposée à temps: l'état de "pandémie" a été déclaré le 11 mars alors que les candidatures ont clôturé le 31 janvier, les membres du comité Nobel ne pouvant ajouter leurs propres suggestions que lors de leur première réunion, qui s'est tenue en février.

Autres noms qui circulent à Oslo: l'ONG Transparency International, la chancelière allemande Angela Merkel, l'Afghane Fawzia Koofi, le Programme alimentaire mondial (PAM) ou l'ONU et son secrétaire général Antonio Guterres. 

Parmi les candidatures connues ou supposées car dévoilées par leurs "parrains" figurent aussi le peuple de Hong Kong, l'Otan, le cacique brésilien Raoni Metuktire, le trio Julian Assange-Edward Snowden-Chelsea Manning, et l'ex-Premier ministre grec Alexis Tsipras et son homologue macédonien Zoran Zaev.

Le spectre du Covid-19 planera quoi qu'il en soit sur le Nobel: en fonction de la situation sanitaire, la récompense sera remise le 10 décembre soit en personne lors d'une cérémonie au format réduit, soit à distance via des moyens numériques.  

Si Donald Trump a été proposé pour le Nobel 2021 par deux députés scandinaves, on ignore s'il est en lice cette année.

Une telle distinction semble lui tenir à cœur, à en croire le nombre de tweets qu'il y a consacré, mais les experts n'y croient guère.

"Trump a plus de chances de remporter le prix Nobel de littérature pour ses tweets que le prix Nobel de la paix", affirme Henrik Urdal. "Et ce n'est pas parce qu'il est Donald Trump, c'est parce qu'il n'a rien fait pour mériter le prix".

AFP

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