29.09
12:28

Viktor Orban réclame le départ de la commissaire à l'Etat de droit

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a exigé, dans un courrier à la présidente de la Commission européenne rendu public mardi, la démission de la commissaire Vera Jourova qui avait qualifié la Hongrie de "démocratie malade".

Au cours d'un entretien accordé à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel et publié vendredi, Vera Jourova, commissaire européenne en charge des Valeurs et de la Transparence, avait affirmé: "M. Orban aime dire qu'il construit une démocratie illibérale. Je dirais: il construit une démocratie malade".

"Ces propos ne sont pas seulement une attaque politique directe à l'encontre du gouvernement hongrois démocratiquement élu (...), mais aussi une humiliation de la Hongrie et du peuple hongrois", a écrit lundi le Premier ministre hongrois souverainiste à l'Allemande Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne.

Ils sont "en contradiction avec le rôle de la Commission comme institution neutre et objective entérinée par le Traité de Lisbonne", a ajouté le chef du gouvernement de ce pays d'Europe centrale, membre depuis 2004 de l'Union européenne (UE).

En raison de cette "violation" du traité, la "démission" de Vera Jourova, par ailleurs vice-présidente de la Commission européenne, est "indispensable" et "le gouvernement hongrois suspend tous les contacts politiques bilatéraux avec elle", a indiqué M. Orban.

La lettre, rédigée en anglais, a été publiée mardi par le porte-parole du gouvernement hongrois Zoltan Kovacs sur son compte Twitter.

Vera Jourova a été désignée commissaire par la République tchèque, membre avec la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie du groupe de Visegrad, qui s'oppose à Bruxelles concernant l'obligation juridique de solidarité européenne concernant le droit d'asile. 

Bruxelles a déclenché une procédure exceptionnelle, toujours en cours, pour risque de "violation grave" des valeurs de l'UE en Hongrie, où les organisations internationales dénoncent depuis 2010 des atteintes à la séparation des pouvoirs et aux droits humains.

La Commission européenne doit publier dans les prochains jours le premier rapport comparatif annuel sur l'Etat de droit dans les 27 pays membres de l'UE.

"Viktor Orban ou le gouvernement polonais se défendent toujours selon le même schéma: ils se réfèrent parfois à une loi espagnole similaire aux règles qu'ils édictent, puis à un règlement en Allemagne. C'est fini tout ça. Maintenant, on pourra comparer", a dit Vera Jourova au Spiegel.

Le Parlement européen exige que la distribution des subventions prévue dans le cadre du plan de relance historique adopté pour contrer les effets économiques du coronavirus soit liée au respect des traités par les gouvernements, visant particulièrement la Hongrie.

AFP

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