22.09
17:05

Bolsonaro dénonce à l'ONU une "brutale campagne de désinformation" sur l'Amazonie

Le dirigeant d'extrême droite, qui a récemment qualifié les ONG écologistes de "cancer", faisait notamment allusion à la campagne baptisée "Defundbolsonaro.org", lancée au début du mois par plusieurs ONG, appelant à faire dépendre tout investissement au Brésil d'engagements fermes pour la préservation de l'Amazonie.

Le président brésilien Jair Bolsonaro a déclaré mardi dans son discours à l'Assemblée générale de l'ONU que son pays était "victime d'une des campagnes de désinformation les plus brutales sur l'Amazonie et le Pantanal", où des incendies font rage actuellement.

"Tout le monde sait que l'Amazonie brésilienne est très riche. Cela explique le soutien d'institutions internationales à cette campagne aux intérêts douteux, avec le concours d'associations brésiliennes profiteuses, antipatriotiques, ayant pour objectif de faire du tort au Brésil", a-t-il ajouté dans ce discours enregistré depuis le Brésil.

Le dirigeant d'extrême droite, qui a récemment qualifié les ONG écologistes de "cancer", faisait notamment allusion à la campagne baptisée "Defundbolsonaro.org", lancée au début du mois par plusieurs ONG, appelant à faire dépendre tout investissement au Brésil d'engagements fermes pour la préservation de l'Amazonie.

Cette campagne, à laquelle ont adhéré des célébrités comme l'acteur américain Leonardo DiCaprio, a pour slogan: "Bolsonaro met le feu à l'Amazonie. Encore. De quel côté êtes-vous ?"

Marcio Astrini, du collectif d'ONG Observatoire du climat, a jugé le discours de Jair Bolsonaro "délirant".

"En évoquant un complot inexistant entre ONG et puissances étrangères, sans présenter de solution à nos problèmes, Bolsonaro menace notre économie. Nous avons un président qui sabote son propre pays", a-t-il lancé.

Pour le dirigeant brésilien, chaque année "les incendies ont lieu aux mêmes endroits, où les indigènes font des brûlis pour leur survie, dans des zones déjà déboisées".

Gabriela Yamaguchi, de l'antenne brésilienne du Fonds mondial pour la Nature (WWF), a estimé dans un communiqué que le discours du président brésilien était "plein d'accusations infondées" et "dire que les incendies sont provoqués par les indigènes est la pire de toutes".

"Comme la région amazonienne est plus grande que toute l'Europe occidentale, il est difficile de combattre les incendies et l'extraction illégale de bois", a toutefois admis le président brésilien, tout en rappelant que l'armée avait été déployée en Amazonie et au Pantanal.

Depuis le début de l'année, 71.673 foyers d'incendie ont été identifiés en Amazonie, 12% de plus que sur la même période l'année dernière. Plus au sud, au Pantanal, plus grande zone humide de la planète et sanctuaire, ils ont plus que triplé. 

Selon les derniers chiffres officiels, 1.358 km2 ont été déboisés en Amazonie le mois dernier, 21% de moins qu'en août 2019.

Mais si l'on prend en compte les données recueillies depuis janvier, la baisse est seulement de 5% par rapport à 2019, année de tous les records.

Le président Bolsonaro a également affirmé que le Brésil assurait "la sécurité alimentaire d'un sixième de la population mondiale, tout en préservant 66% de la végétation native et en utilisant seulement 27% du territoire pour l'agriculture".

Dans son discours, le dirigeant a également fortement critiqué le pouvoir de Nicolas Maduro au Venezuela, affirmant que le Brésil avait accueilli "400.000 Vénézuéliens déplacés à cause de la grave crise politico-économique causée par la dictature bolivarienne".

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