04.09
16:11

Charles Michel envisage une "conférence multilatérale" avec Ankara

Le président du Conseil européen, Charles Michel, a évoqué vendredi la possibilité d'organiser une "conférence multilatérale sur la Méditerranée orientale", avec la participation d'Ankara, pour tenter d'apaiser les tensions entre Grèce et Turquie.

"Nous avons déjà testé cette idée de manière informelle avec certains collègues européens et des collègues extérieurs. Avec la Turquie, également", a-t-il déclaré à la presse.

"Je ne dirais pas qu'il y a un oui clair, mais il n'y a pas de réaction négative à ce sujet. La réaction a plutôt été: Quelles sont les modalités ? Qui peuvent être les participants ? Quels seront les objectifs ?", a-t-il ajouté.

Une telle conférence pourrait selon lui inclure "tous les pays impliqués dans les différentes discussions sur les frontières maritimes" en Méditerranée.

Outre cette question, la rencontre pourrait aussi se pencher sur les problèmes liés à l'énergie, à la sécurité ou aux migrations, a-t-il dit.

Les tensions entre Athènes et Ankara sont au plus haut depuis que la Turquie a déployé début août un bateau sismique, escorté de navires de guerre, pour procéder à des explorations au large de l'île grecque de Kastellorizo, à 2 km des côtes turques, dans une zone riche en hydrocarbures.

La situation s'est encore aggravée fin août quand les deux pays ont effectué des manœuvres militaires rivales, Ankara avec les Etats-Unis puis la Russie, et Athènes avec la France, Chypre et l'Italie.

La crise en Méditerranée orientale est déjà au programme d'un sommet européen les 24 et 25 septembre à Bruxelles.

Charles Michel, qui se rendra avant cette rencontre en Grèce, à Chypre et à Malte, a réaffirmé vendredi "une solidarité totale" des Européens avec Athènes.

"Nous n'acceptons pas de comportements unilatéraux non conformes au droit international de la part de la Turquie", a-t-il insisté, souhaitant développer une "approche de la carotte et du bâton" avec Ankara.

"Nous sommes prêts à réagir si nous avons le sentiment de ne pas être respectés", a-t-il souligné. 

L'UE a menacé la Turquie de sanctions s'il n'y a pas de dialogue avec Athènes pour résoudre la crise.

M. Michel a précisé avoir "testé l'idée" de cette conférence multilatérale avec le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

Ce dernier a annoncé jeudi soir que la Grèce et la Turquie avaient "convenu d'entamer des pourparlers techniques à l'Otan" pour entamer une désescalade, mais Athènes a immédiatement démenti.

"La désescalade n'aura lieu qu'avec le retrait immédiat de tous les navires turcs du plateau continental grec", ont insisté les autorités grecques.

 

AFP

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