01.09.20
13:49

Voici le rapport de police de l’interpellation de Jozef Chovanec

LN24 a pu se procurer l'intégralité de la fiche d'information policière de l’interpellation de Jozef Chovanec. Un rapport de cinq pages qui n'évoque pas de nombreux éléments essentiels. L'attitude des policiers, que l'on peut voir dans les images dévoilées récemment, n'est pas rapportée.

Dans le PV en notre possession, on peut lire que "l'interessé (Jozef Chovanec, NDLR) refuse de sortir de l'avion et ne se laisse pas faire". Après avoir forcé le passage à la "gate 9" sans vouloir présenter son document, le commandant de bord demande le renfort de la police. Chovanec accepte de descendre de l'avion après négociation, mais tente ensuite de remonter dans l'avion. Sur place, la police constate que le "suspect n'est pas violent mais a les pupilles dilatées et le regard qui part dans tous les sens". "Vu son état et sa carrure, nous demandons du renfort." Le rapport détaille ensuite l'interpellation. 

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Une fois dans sa cellule, le rapport explique que Jozef Chovanec se cogne la tête à plusieurs reprises contre la porte de sa cellule. 

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"A 4h22, des collègues rentrent dans la cellule afin de tenter d'entraver les mouvements de l'individu pour l'empêcher de continuer à se blesser.(...) L'individu casse à plusieurs reprises les colsons mis afin de limiter les mouvements dangereux pour lui-même".

A 4h27, "arrivée des pompiers, pour qui l'état de santé de Chovanec est OK."

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Un médecin arrive pour injecter un calmant. "L'intéressé se débat encore quelques secondes puis se calme avant de tomber inconscient. Dès que l'individu se calme, les collègues s'écartent tour à tour de l'individu afin de permettre l'accès au médecin en toute sécurité et le plus rapidement possible pour l'individu."

Le médecin déclare l'arrêt cardiaque à 5h03.

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Comme on peut le constater, le rapport ne relate pas le fait que les policiers se soient assis sur le dos de Jozef Chovanec, et qu'il y a eu un salut hitlérien.

Auditionné ce matin par la Commission Intérieur, l'ancien ministre Jan Jambon s'est d'ailleurs appuyé sur le fait qu'il n'avait pas vu les images et que le rapport "sommaire" n'en faisait pas état. "Notre connaissance du dossier était totalement différente des images qu’on a pu découvrir dans la presse. Je défendrai toujours l’action de la police, je l’ai fait en tant que ministre. Mais ce que j’ai pu voir sur les images est inacceptable. Il n’y a pas de mot pour justifier ça. (...) Rien ne permettait de dire que des erreurs auraient pu être commises par la police. On y parle d’une arrestation difficile et du fait que Jozef Chovanec a été incarcéré dans une cellule pour la nuit. Les vérifications médicales ont montré qu’il pouvait être incarcéré."

Le ministre-président flamand et ex-ministre de l’Intérieur Jan Jambon, le commissaire général de la police fédérale Marc De Mesmaeker et sa prédécesseure Catherine De Bolle, ont donné leurs explications ce mardi en Commission suite au décès d’un citoyen slovaque, Jozef Chovanec, après une intervention de la police à l’aéroport de Charleroi.

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