25.08
20:35

Le secteur touristique libanais se rebelle contre le nouveau confinement

Les propriétaires d'établissements touristiques au Liban, mis à genoux par une longue crise économique aggravée par l'explosion dévastatrice à Beyrouth début août, ont annoncé mardi la reprise de leurs activités malgré le rétablissement du confinement pour lutter contre le nouveau coronavirus.

"A partir de demain (mercredi), nous ouvrirons nos portes", a annoncé Tony Rami, président du syndicat des propriétaires de restaurants, cafés, boîtes de nuit et pâtisseries, lors d'une conférence de presse en pleine rue, dans l'un des quartiers les plus dévastés de Beyrouth par l'explosion du 4 août au port de la capitale libanaise.

"Les décisions démagogiques de fermeture ne nous concernent pas. Nous devons coexister avec le coronavirus", a-t-il ajouté.

Il s'exprimait également au nom de syndicats du secteur du tourisme, regroupant les hôtels et établissements balnéaires.

M. Rami a dénoncé un Etat "corrompu" qui n'a pris aucune mesure pour dédommager le secteur touristique.

Les autorités libanaises ont imposé depuis le 21 août un nouveau confinement de deux semaines, pour lutter contre le nouveau coronavirus, avec une fermeture des commerces et un couvre-feu nocturne à partir de 18H00.

Les contaminations sont reparties en flèche après l'explosion: 13.687 cas dont 138 décès, selon le dernier bilan officiel mardi. Le 3 août, il recensait 5.062 cas dont 65 décès depuis le 22 février.

Ce nouveau confinement assène un coup supplémentaire à un secteur privé déjà affecté par la crise économique et par l'explosion au port de Beyrouth, qui a endommagé plus de la moitié des restaurants de la capitale et de sa région, selon des responsables du secteur.

Par ailleurs, M. Rami a annoncé que l'ensemble du secteur touristique avait décidé de pratiquer une "désobéissance civile" et ne payerait plus d'impôts.

"Nous ne payerons désormais plus un centime avant l'arrivée d'un Etat nouveau et digne de confiance", a-t-il proclamé, alors que l'assistance scandait "Révolution!" et "A bas le règne des voyous!".

Le ministère libanais de l'Intérieur a réagi, prévenant qu'il sanctionnerait ceux qui ne respecteraient pas le confinement et pressant les Libanais à agir dans l'intérêt général.

"Le ministère de l'Intérieur (...) n'hésitera pas à appliquer la loi pour ceux qui transgressent le confinement, de la distribution d'amendes aux procédures devant les autorités judiciaires compétentes", a indiqué le ministre démissionnaire de l'Intérieur Mohamed Fahmi dans un communiqué.

Selon M. Rami, l'explosion au port a causé environ un milliard de dollars de dégâts à l'industrie touristique, dont 315 millions pour les seuls restaurants.

La déflagration, provoquée selon les autorités par la présence d'une énorme quantité de nitrate d'ammonium dans un entrepôt du port, a alimenté la colère des Libanais contre la classe dirigeante qu'ils rendent responsable du drame qui a fait plus de 180 morts et des milliers de blessés.

 

AFP

Partager cet article

Contenu sponsorisé

En lien avec l'article