07.08
17:24

Liban: deux jours après l'explosion, l'aide s'organise et la colère populaire gronde

Dans une capitale aux airs post-apocalyptiques et face à l'incurie du gouvernement, un vaste élan de solidarité a poussé des centaines de Libanais à poursuivre les opérations de déblaiement ou à accueillir des sans-abri.

Dans une capitale aux airs post-apocalyptiques et face à l'incurie du gouvernement, un vaste élan de solidarité a poussé des centaines de Libanais à poursuivre les opérations de déblaiement ou à accueillir des sans-abri.

L'Organisation mondiale de la santé s'est inquiétée de la saturation des hôpitaux, des pénuries de médicaments et d'équipements médicaux, réclamant quinze millions de dollars.

"Les besoins sont énormes et immédiats", a aussi déploré l'UNICEF, précisant que jusqu'à 100.000 enfants ont perdu leur toit.

Plusieurs pays ont dépêché du matériel médical et sanitaire ainsi que des hôpitaux de campagne.

L'Union européenne a débloqué 33 millions d'euros en urgence, l'armée américaine a déjà remis au Liban plusieurs cargaisons d'eau, de nourriture et de médicaments.

L'agence d'aide internationale des Etats-Unis (USAid) a annoncé vendredi l'envoi immédiat de quinze millions de dollars de nourriture et de médicaments, équivalent à trois mois de nourriture pour 50.000 personnes et à trois mois de médicaments pour 60.000 personnes.

Alors que la colère de la population libanaise à l'égard de leurs dirigeants enfle, les forces de l'ordre ont eu recours jeudi soir à des gaz lacrymogènes dans le centre-ville pour disperser des dizaines de manifestants décriant l'incompétence et la corruption des autorités.

Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour une manifestation anti-gouvernementale samedi.

Les autorités libanaises affirment que l'entrepôt a explosé après un incendie. Autorités portuaires, douanières et certains services de sécurité savaient que des matières chimiques dangereuses y étaient entreposées mais ils se rejettent désormais mutuellement la responsabilité.

Le procureur militaire a évoqué jeudi dans un communiqué la présence, outre le nitrate d'ammonium, de "matériaux hautement inflammables et des mèches lentes".

Il interroge des dizaines de personnes, a indiqué vendredi une source judiciaire à l'AFP, assurant que "des personnes haut placées" pourraient être arrêtées et relevant un partage de la responsabilité entre "responsables administratifs, sécuritaires au port et des politiciens au pouvoir, qui étaient au courant".

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