04.08
17:51

Plusieurs fortes explosions à Beyrouth, des dizaines de morts et des milliers de blessés

Selon les dernières informations, deux explosions ont retenti au port de la capitale libanaise. Une forte explosion a secoué mardi la capitale libanaise Beyrouth au dessus de laquelle s'élève un épais nuage de fumée. Au moins 50 morts et plus de 2750 blessés.

Deux puissantes explosions successives ont secoué mardi Beyrouth faisant un nombre indéterminé de morts et de blessés (plus de 50 morts et 2750 blessés à 22h00 heure belge), semant la panique et provoquant un immense champignon de fumée dans le ciel de la capitale libanaise.

Dans une première réaction d'un responsable, le directeur général de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, a indiqué que les explosions étaient peut-être dues à des "matières explosives confisquées depuis des années", mais ajouté que l'enquête en cours devrait déterminer "la nature exacte de l'incident". 

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré une première explosion suivie d'une autre qui provoque le gigantesque nuage de fumée. Les déflagrations ont fait trembler les immeubles et brisé des vitres à des kilomètres à la ronde. 

La forte déflagration, qui a eu lieu dans la zone du port et dont l'origine n'était pas connue dans l'immédiat, a été entendue dans plusieurs secteurs de la ville. 

Les vitres de nombreux immeubles et magasins ont volé en éclats. 

D'épais nuages de fumée orange s'élèvent au dessus de la capitale. 

Les médias locaux ont diffusé des images de personnes coincées sous des décombres, certains couverts de sang. 

Selon des informations préliminaires de médias locaux, l'explosion serait le résultat d'un incident au port de Beyrouth.

Les circonstances et détails sur l'explosion restaient inconnus dans l'immédiat.

"Les immeubles tremblent", a tweeté un habitant de la ville, affirmant que "toutes les vitres de (son) appartement ont explosé". 

A 19 heures (heure belge), les autorités comptabilisaient au moins dix morts et des centaines de blessés.

On est submergé par les appels téléphoniques",

a précisé la Croix-Rouge libanaise.

Le Liban décrète un jour de deuil national mercredi, selon le Premier ministre. Le président a convoquée une réunion urgente du Conseil supérieur de la Défense.

 

Des explosions dues à des matières explosives ?

Les violentes explosions au Liban qui ont secoué mardi le port de Beyrouth pourraient être dues à des "matières explosives" confisquées et stockées dans un entrepôt "depuis des années", a estimé mardi un haut responsable de la sécurité.

"Il semble qu'il y ait un entrepôt contenant des matières confisquées depuis des années, et il semblerait qu'il s'agissait de matières très explosives", a indiqué le directeur général de la Sûreté générale Abbas Ibrahim, interrogé par des télévisions en se déplaçant dans le secteur. "Les services concernés mènent l'enquête, ils diront quelle est la nature de l'incident", a-t-il ajouté.

 

"C'est une catastrophe à l'intérieur (du port). Il y a des cadavres par terre. Des ambulances emmènent les corps", a indiqué à l'AFP un soldat aux abords du port.

Les médias locaux ont diffusé des images de personnes coincées sous des décombres, certaines couvertes de sang. 

"J'ai senti comme un tremblement de terre et puis après une énorme déflagration et les vitres se sont cassées. J'ai senti que c'était plus fort que l'explosion lors de l'assassinat de Rafic Hariri" en 2005, provoqué par une camionnette bourrée d'explosifs, a déclaré à l'AFP une Libanaise dans le centre-ville de Beyrouth. 

 

"Propulsés"

 

Le secteur du port a été bouclé par les forces de sécurité, qui ne laissent passer que la défense civile, les ambulances aux sirènes hurlantes et pompiers, selon des correspondants de l'AFP à l'entrée du port.

Aux abords, les dégâts matériels et destructions sont importants. 

Plus de deux heures après l'explosion, les flammes enveloppaient toujours le secteur. Un hélicoptère collecte de l'eau de la mer pour éteindre les incendies, a constaté une correspondante de l'AFP. 

"Nous avons vu un peu de fumée et ensuite une explosion. Puis le champignon. La force de l'explosion nous a propulsés en arrière dans l'appartement", a raconté un habitant du quartier de Manssouriyeh, qui a assisté à la scène depuis son balcon, à plusieurs kilomètres du port.

Après les explosions, de nombreux habitants, dont certains blessés, marchaient vers des hôpitaux dans plusieurs quartiers de Beyrouth. Devant le centre médical Clémenceau, des dizaines de blessés parmi lesquels des enfants, parfois couverts de sang, attendent d'être admis.

Des voitures, avec leurs airbags gonflés, mais aussi des bus ont été abandonnés au beau milieu de plusieurs routes.

Selon des témoins, les déflagrations ont été entendues jusqu'à la ville côtière de Larnaca, à Chypre, distante d'un peu plus de 200 km des côtes libanaises.

 

Israël, Hezbollah

 

Le 14 février 2005, un attentat spectaculaire provoqué par une camionnette bourrée d'explosifs avait ciblé le convoi de Rafic Hariri, le tuant ainsi que 21 autres personnes et faisant plus de 200 blessés. La déflagration avait provoqué des flammes hautes de plusieurs mètres, soufflant les vitres des bâtiments dans un rayon d'un demi-kilomètre.

Vendredi, le Tribunal spécial pour le Liban (TSL), basé au Pays-Bas, doit rendre son verdict dans le procès de quatre hommes, tous membres présumés du puissant mouvement libanais Hezbollah, accusés d'avoir participé en 2005 à l'assassinat de Rafic Hariri.

Le Liban connaît sa pire crise économique depuis des décennies, marquée par une dépréciation monétaire inédite, une hyperinflation, des licenciements massifs et des restrictions bancaires drastiques, qui alimentent depuis plusieurs mois la grogne sociale.

Il y a une semaine, après des mois de calme relatif, Israël a dit avoir déjoué une attaque "terroriste" et ouvert le feu sur des hommes armés ayant franchi la "Ligne bleue" séparant le Liban et Israël, avant qu'ils ne repartent côté libanais.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a attribué l'infiltration au Hezbollah, un mouvement armé que l'Etat hébreu considère comme son ennemi.

Accusé de "jouer avec le feu", le Hezbollah a démenti toute implication. 

 

Le Premier ministre appelle les "pays amis" à aider le Liban

Le Premier ministre libanais Hassan Diab a appelé mardi les "pays amis" à aider le Liban, après les explosions meurtrières qui ont secoué le port de Beyrouth.

"Je lance un appel urgent à tous les pays amis et les pays frères qui aiment le Liban à se tenir à ses côtés et à nous aider à panser nos plaies profondes",

a lancé le Premier ministre. La France et l'Iran ont déjà manifesté leur soutien.

Le Premier ministre libanais, Hassan Diab, a dénoncé mardi une "catastrophe" après les explosions meurtrières qui ont secoué le port de Beyrouth, assurant que les responsables devraient "rendre des comptes".

"Ce qui s'est passé aujourd'hui ne passera pas sans que des comptes soient rendus. Les responsables de cette catastrophe devront payer le prix",

a martelé le chef du gouvernement lors d'une allocution télévisée.

AFP

 

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