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06:58

Brexit, covid et paternité: une première année d'enfer au pouvoir pour Boris Johnson

D'un succès électoral à une crise sanitaire mondiale qui a failli le tuer, en passant par des fiançailles, un bébé et la réalisation du Brexit: la première année au pouvoir du conservateur britannique Boris Johnson a pris des allures de montagnes russes.

Le dirigeant de 56 ans fête vendredi sa première année au poste de Premier ministre. "Il y a un an, je grimpais les marches de Downing street et j'ai fait une promesse au peuple britannique", a-t-il déclaré vendredi à l'occasion de cet anniversaire, celle de "réaliser le Brexit, puis d'unir et améliorer le pays". 

Mi-juillet 2019, Boris Johnson était redevenu un simple député après avoir démissionné du gouvernement de Theresa May, renonçant au ministère des Affaires étrangères pour marquer son désaccord avec sa stratégie sur la mise en oeuvre du Brexit, qu'il a largement contribué à faire voter par ses concitoyens lors du référendum de juin 2016. 

L'ex-maire de Londres à l'éternelle tignasse blonde ébouriffée n'a pas tardé à revenir au centre du jeu lorsque Mme May a été contrainte de démissionner, le Parlement ayant rejeté à plusieurs reprises l'accord de sortie de l'UE qu'elle avait négocié avec Bruxelles.

Boris Johnson a alors facilement remporté le scrutin pour prendre la tête du Parti conservateur et, de là, celle du pays. Il a ensuite fait le pari risqué de convoquer des élections législatives anticipées pour réunir une majorité perdue par Mme May dans un précédent scrutin.

Pari remporté haut la main, puisqu'il a obtenu la plus grande majorité parlementaire depuis Margaret Thatcher, ouvrant ainsi la voie au départ du Royaume-Uni de l'UE le 31 janvier.

Après 47 ans d'un mariage houleux, cette séparation devait marquer un "véritable moment de renouveau national", selon Boris Johnson. Pourtant, ce "nouveau départ" -qui devait se manifester par des investissements à gogo dans les services publics et les infrastructures, comme promis lors de sa campagne- s'est vite heurté à l'épidémie de nouveau coronavirus.  

45.000 morts et un bébé

Boris Johnson s'est alors retrouvé sous le feu des critiques pour avoir tardé à instaurer des mesures strictes, alors que la plupart des pays européens avaient déjà fermé leurs frontières et confiné leur population. Quelque 45.000 morts plus tard, le Royaume-Uni détient le triste record du pays européen le plus touché par le virus.

"M. Johnson et son équipe feraient bien d'utiliser à bon escient la période de répit (qui s'annonce cet été) pour renouveler l'approche du gouvernement", relevait jeudi un éditorial acerbe du Times. 

Boris Johnson a lui-même fait les frais de sa légèreté, contractant fin mars une forme sévère du Covid-19, qui l'a envoyé en soins intensifs, où il a frôlé la mort. Quelques semaines après sa sortie de l'hôpital, sa fiancée Carrie Symonds donnait naissance à leur premier fils, s'ajoutant aux 4 enfants issus de son deuxième mariage.

Malgré tout, "Boris" conserve de fervents partisans, qui vantent sa capacité à déléguer et sa détermination. Selon un sondage YouGov publié jeudi, 89% des conservateurs veulent qu'il reste à la tête du parti. C'est un personnage "haut en couleur, mais avec une vision stratégique", a dit de lui le président français Emmanuel Macron. "Ceux qui ne l'ont pas pris au sérieux se sont fourvoyés".

Défis

D'énormes défis attendent encore Boris Johnson, alors que l'impact de la pandémie sur l'économie britannique ne révélera sa véritable ampleur que d'ici quelques mois. 

Après avoir tenu sa "promesse" de "réaliser le Brexit", le dirigeant veut désormais, pour son anniversaire à la tête du gouvernement, "faire le serment" de "ne pas laisser le virus freiner ce pays", alors que les experts mettent en garde contre une potentielle deuxième vague de contamination. Mais le Premier ministre n'est pas encore débarrassé de la question du Brexit, qui a fait tomber ses deux prédécesseurs, puisque les négociations en cours avec l'Europe sur leur future relation sont loin d'être assurées d'aboutir à un accord.

Il doit aussi faire face à un nouveau challenger plus coriace à la tête du Labour, principal parti d'opposition, depuis l'élection début avril de Keir Starmer. Les velléités d'indépendance de l’Écosse et les dissensions au sein de son propre parti, visant notamment son proche conseiller Dominic Cummings, continueront à l'occuper. 

Enfin, la popularité grandissante de son jeune ministre des Finances Rishi Sunak pourrait aussi finir par lui faire de l'ombre.

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