08.07
19:06

Libye: le chef de l'ONU dénonce une "interférence étrangère" sans précédent

Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU a notamment exprimé son inquiétude sur le regroupement de forces militaires autour de la ville de Syrte, située à mi-chemin entre Tripoli à l'ouest et Benghazi à l'est.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a dénoncé mercredi une "interférence étrangère ayant atteint des niveaux sans précédent" en Libye, avec "la livraison d'équipements sophistiqués et le nombre de mercenaires impliqués dans les combats".

S'exprimant lors d'une visioconférence ministérielle du Conseil de sécurité, Antonio Guterres a notamment exprimé son inquiétude sur le regroupement de forces militaires autour de la ville de Syrte, située à mi-chemin entre Tripoli à l'ouest et Benghazi à l'est.

Les forces du Gouvernement d'union libyen (GNA), basé à Tripoli et reconnu par l'ONU, "avec un soutien externe significatif, continuent leur avance vers l'est et sont maintenant à 25 km à l'ouest de Syrte", a-t-il relevé. Dans le passé, les forces du GNA ont tenté à deux reprises de prendre la ville, a précisé le chef de l'ONU.

Soutenu par la Turquie, le GNA est opposé aux forces du maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'Est libyen, notamment appuyé par l'Egypte et les Emirats Arabes Unis. 

"Nous sommes très préoccupés par la concentration militaire alarmante autour de la ville et le haut niveau d'interférence étrangère directe dans le conflit en violation de l'embargo sur les armes décrété par l'ONU, les résolutions du Conseil de sécurité et les engagements pris par les Etats membres à Berlin" en janvier, a insisté Antonio Guterres.

Il n'a désigné aucun pays en particulier.

Démilitariser Syrte et al-Joufra

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a aussi dénoncé les violations de l'embargo sur les armes imposé pour la Libye en 2011.

"Pendant que le monde entier ferme ses frontières, les navires, les avions et les camions avec des armes et des mercenaires continuent d'arriver dans les villes libyennes", s'est-il insurgé.

Il faut que cela cesse: "plus d'avions, plus de chars, plus de camions ou navires chargés d'armes. Et plus de mensonges", a lancé Heiko Maas.

Son homologue du Niger, Kalla Ankourao, a aussi critiqué les ingérences étrangères, comme l'ont fait lors de la session du Conseil plusieurs autres intervenants comme la France qui a réaffirmé son impartialité dans le conflit.

"La Libye n'a pas besoin d'armes supplémentaires, n'a pas besoin de mercenaires" mais "a besoin de réconciliation", a fait valoir Kalla Ankourao.

La présence en Libye de mercenaires russes et syriens (affiliés au régime syrien pour ceux combattant avec les troupes de Haftar, et relevant de l'opposition pour ceux présents au côté des forces du GNA) a été souvent évoquée depuis le début de l'année. 

Le secrétaire général de l'ONU a indiqué que les discussions menées par la mission onusienne en Libye avec des représentants militaires des deux parties portaient notamment sur "le départ des mercenaires étrangers", une "coopération antiterroriste", un "désarmement et une démobilisation", ainsi que sur "la possibilité d'un mécanisme de cessez-le-feu". 

Il a aussi évoqué sans détails la possibilité de créer une "zone démilitarisée" dont le contrôle serait confié à la mission de l'ONU présente en Libye. 

Heiko Maas a suggéré comme premier pas vers un cessez-le-feu de prévoir une démilitarisation "pour Syrte et al-Joufra". "Nous appelons les parties en Libye et vous tous (membres de l'ONU) à vous unifier derrière cette idée", a déclaré le ministre allemand.

Les dernières activités militaires au sud de Tripoli et dans la région de Tarhouna se sont traduites par la fuite de près de 30.000 personnes, portant le nombre de déplacés internes en Libye à plus de 400.000, a aussi déploré le chef de l'ONU. 

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