30.06
06:27

Le roi Philippe reconnaît "les actes de cruauté" commis au Congo et exprime ses regrets

Dans une lettre adressée au président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, le roi Philippe exprime ses "profonds regrets pour les blessures du passé".

Philippe est le premier Roi régnant à exprimer ses regrets à ce sujet. En accord avec le gouvernement, il a écrit une lettre au président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance du pays. Dans celle-ci, le roi Philippe exprime ses "plus profonds regrets" pour les "actes de violence" et les "souffrances" infligés au Congo léopoldien puis belge. 

Cela fait plusieurs semaines que l'on évoquait une prise du parole du souverain après l’émoi mondial provoqué par la mort de George Floyd et le mouvement "Black lives matter" qui s’en est suivi et a trouvé écho en Belgique.

La Libre Belgique indique que la Première ministre belge Sophie Wilmès devrait également prendre la parole ce mardi pour livrer un message similaire à celui du chef de l'État.

La lettre: 

 

"En ce soixantième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, je tiens à vous adresser ainsi qu’au peuple congolais mes vœux les plus chaleureux.

Cet anniversaire est l’occasion de renouveler nos sentiments d’amitié profonde et de nous réjouir de la coopération intense qui existe entre nos deux pays dans tant de domaines, et notamment dans le domaine médical qui nous mobilise en cette période de pandémie. La crise sanitaire nous frappe au milieu d’autres préoccupations. Le partenariat privilégié entre la Belgique et le Congo est un atout pour y faire face. En ce jour de fête nationale, je souhaite réaffirmer notre engagement à vos côtés.

Pour renforcer davantage nos liens et développer une amitié encore plus féconde, il faut pouvoir se parler de notre longue histoire commune en toute vérité et en toute sérénité.

Notre histoire est faite de réalisations communes mais a aussi connu des épisodes douloureux. A l’époque de l’État indépendant du Congo, des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations. Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés. Je continuerai à combattre toutes les formes de racisme. J’encourage la réflexion qui est entamée par notre Parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée.

Les défis mondiaux demandent que nous regardions vers l’avenir dans un esprit de coopération et de respect mutuel. Le combat pour la dignité humaine et pour le développement durable requiert d’unir nos forces. C’est cette ambition que je formule pour nos deux pays et pour nos deux continents, africain et européen.

Les circonstances actuelles ne permettent malheureusement pas de me rendre dans votre beau pays, que j’aimerais tant mieux connaître. J’espère que j’en aurai bientôt l’opportunité." 

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