29.06
15:38

Vaccins anti-covid : "Ça va être le bordel"

Un débat politico-scientifique haut en couleurs se profile entre les tenants d’un vaccin obligatoire et leurs adversaires. Une info LN24.

C’est le prochain "hot spot" belgo-belge. Vous avez aimé la saga des masques-de-protection-détruits-recommandés-mais-pas-lavables-à-60-degrés ? Vous avez adoré le vaudeville autour du tracing et cie ? Accrochez vos ceintures : voici venir le twist des vaccins.

On le sait, la course – mondiale – pour être le premier à disposer du vaccin contre le coronavirus fait rage entre les Etats membres et, pour l’heure, la Belgique s’est rangée derrière la bannière de l’Europe – laissant les autorités européennes tenter de sécuriser un deal avec les firmes pharmaceutiques. « C’est parfaitement ridicule », soupire une source gouvernementale, « nous allons encore être les dindons de la farce et nous retrouver les derniers à disposer d’un vaccin ». C’est que d’autres Etats membres jouent en solo et boutiquent des deals bilatéraux avec les firmes – c’est par exemple le cas de la France avec Astra Zenecca.

Mais revenons à nos moutons belgo-belges. C’est qu’il va s’agir, dames en heren, de déterminer si le futur vaccin sera, en Belgique, défini comme obligatoire. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour certains cela veut dire beaucoup. Si le vaccin est déclaré obligatoire, comme l’est celui contre la polio, il tombe dans l’ordre de mission et dans les compétences du fédéral. En revanche, si le vaccin n’est pas obligatoire, il tombe dans l’escarcelle des communautés et ce sera à elles de mettre tout en œuvre à ce sujet. Une première discussion a eu lieu à ce sujet vendredi en kern, le conseil des ministres restrein, et plusieurs éminences ont plaidé pour qu’on déclare le vaccin obligatoire. «Si ce sont les  communautés, ça va être un bordel innommable, les gens vont se demander s’ils doivent se faire vacciner avant de franchir la frontière linguistique. On est parti pour la gloire », soulève une source ministérielle.

Que nenni, rétorque une source dans les Communautés. « On a montré que nous étions à même de gérer ce genre de problématique ». A voir.

Ajoutez à cela l’avis des experts scientifiques – les nouveaux messies en ce plat pays – et vous aurez les ingrédients de la prochaine querelle belgo-belge. « Nous ne voulons pas d’un vaccin obligatoire, nous n’avons pas cette tradition en Belgique », pointe le virologue Yves Van Lathem.

A vos seringues (ou pas).

 

 Martin Buxant et Maxime Binet

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