13.06.20
17:54

Le SNI demande que les commerces non-alimentaires soient considérés comme secteur en difficulté

La grande majorité des détaillants dispose de réserves pour 2 mois à peine.

Le Syndicat neutre pour indépendants, a publié une série de demandes concernant tout particulièrement les indépendants hors-secteur horeca. Eux aussi touchés par le covid-19, ils ne sont pourtant pas considérés comme secteur en crise.

35% de rentrées en moins pour les commerces: le SNI demande que les commerces non-alimentaires soient considérés comme secteur en difficulté.

Après un mois de réouverture, les commerces non-alimentaires connaissent encore une baisse de chiffre d'affaires de 35%. La grande majorité des détaillants dispose de réserves pour 2 mois à peine. « Une situation très précaire », selon Christine Mattheeuws.

C'est pourquoi le SNI réclame que le concept de secteur en difficulté, dont fait partie l’horeca, soit élargi aux commerces non-alimentaires.

Cela leur donnerait la possibilité d’avoir droit au droit-passerelle spécial quand ils subissent, après leur redémarrage, une perte de chiffre d'affaires de minimum 10% par rapport au même trimestre de l’année dernière, ce qui est le cas des commerces.

L’avantage est que les commerçants ne devraient pas fermer 7 jours consécutifs pour y avoir droit. Enfin, les entrepreneurs pourraient également mettre leur personnel au chômage temporaire jusqu'à la fin de l'année plutôt que fin août. « Une absolue nécessité si l’on veut éviter des licenciements secs ». Sans cela, le SNI craint le pire pour pas moins de 20% des commerces.

 

Une perte de chiffre d’affaires pour 85% des commerces

Selon une enquête du SNI menée auprès de 688 commerces non-alimentaires, 85% connaissent en effet une baisse plus ou moins significative de leur chiffre d’affaires par rapport à la période pré-crise. « 4 entrepreneurs sur 10 estiment cette perte entre 30 et 45%. En moyenne, les commerçants constatent ainsi une baisse de 35%. En outre,  60% des indépendants signalent ne pas avoir assez de réserves pour tenir plus de 2 mois sans nouvelles mesures », explique Christine Mattheeuws.  

 

Stocks invendus

S’ajoute à cela que 95% des commerces ont encore des stocks importants. En outre, un quart doit encore payer une partie de ces commandes entrantes car ils ne disposent pas assez de réserves  pour  payer à la fois toutes les factures et les frais courants. « Leur argent est dans les articles, mais avec ce capital immobilisé, vous ne payez pas les factures », dit Christine Mattheeuws. » 

Par ailleurs, 2 commerçants sur 3 se sont un tout petit peu engagé dans les stocks pour la prochaine saison « Cela montre leur anxiété pour le futur et leur crainte d’un deuxième lockdown à l’automne. Ils veulent absolument éviter d’avoir à nouveau un stock gigantesque d’invendus. Ils n’ont en outre pas les liquidités nécessaires pour financer les commandes de l’automne ».

 

Le chômage temporaire pour éviter les licenciements 

Durant la crise, ils ont eu recours au chômage temporaire, ce qui a permis de réduire les coûts fixes. Plus de 40% des commerçants ont d’ailleurs encore plus de 25% de leurs salariés en chômage temporaire ». Cependant, sans mesures supplémentaires, 35% craignent de devoir se séparer d’une partie de ce personnel. « Ce qui prouve que le chômage temporaire constitue un bon tampon pour éviter des licenciements secs dans des entreprises qui ont encore du mal à se relancer », poursuit la présidente du SNI. 

 

Le commerce est aussi un secteur en difficultés

Le SNI demande dès lors que le concept de secteur en difficulté, dont fait partie l’horeca, soit élargi aux commerces non-alimentaires. Cela leur donnerait la possibilité d’avoir droit au droit-passerelle spécial quand ils subissent, après leur redémarrage, une perte de chiffre d'affaires de minimum 10% par rapport au même trimestre de l’année dernière, ce qui est le cas des commerces. L’avantage est que les commerçants ne devraient pas fermer 7 jours consécutifs pour y avoir droit. Enfin, les entrepreneurs pourraient également mettre leur personnel au chômage temporaire jusqu'à la fin de l'année plutôt que fin août. « Une absolue nécessité si l’on veut éviter des licenciements secs ».

« En outre, les commerçants ne comprennent pas une différence est faite entre eux et l’horeca. D’autant plus que de nombreux consommateurs vont d’abord faire du shopping et ensuite vont prendre un verre un manger un bout dans l’horeca ».

Baisse du chiffre d'affaires, réserves limitées, stocks importants et incapacité à remettre tout le personnel au travail : tout ceci fait que cette extension est une absolue nécessité. Dans le cas contraire, le SNI craint le pire pour pas moins de 20 % des commerces. D'autant plus que le commerce de détail connaît déjà un taux de faillite élevé.

 

Des mesures de relance sociales et fiscales

« La Belgique est l’un des pays au monde où les taux d’imposition et les charges salariales sont parmi les plus élevés.  Les commerces s’en rendent eux aussi compte.  Dans le top 3 des demandes des commerçants figurent ainsi une baisse des impôts et des charges patronales ainsi qu’une diminution des cotisations sociales. »

L’organisation de défense des indépendants demande non pas de reporter certaines taxes mais de les supprimer purement et simplement. Par ailleurs, le SNI plaide pour une diminution structurelle des charges sociales et patronales mais aussi pour une suspension de l’indexation automatique des salaires. « Tout le monde doit faire des efforts ; cela permettra de redonner un peu d’oxygène aux entrepreneurs et évitera des licenciements », conclut Christine Mattheeuws.
 

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