22.05
15:47

Un avion de ligne de 100 passagers s'écrase sur un quartier résidentiel

Un avion de ligne pakistanais avec une centaine de personnes à bord s'est écrasé vendredi sur un quartier résidentiel de Karachi, la grande ville du sud du pays, après avoir subi un problème technique. On déplore à l'heure actuelle moins 40 morts.

Des images de la télévision publique montraient une épaisse fumée noire s'échappant vers le ciel, derrière une maison d'apparence récente. Des pompiers tentaient d'éteindre les débris de bâtiments, alors que des hélicoptères militaires patrouillaient au-dessus de la zone.

"Il y avait 91 passagers et 7 membres d'équipage à bord du vol PK8303 de la compagnie nationale Pakistan International Airlines (PIA), qui a perdu le contact avec le contrôle aérien à 14H37 (09H37 GMT)"

a déclaré le porte-parole de PIA, Abdullah Hafeez, à des médias locaux.

D'après le PDG de la compagnie Arshad Malik, l'appareil, un Airbus A320 en provenance de Lahore, se trouvait "en approche finale" de l'aéroport de Karachi lorsque qu'un incident est survenu.

"La dernière fois que nous avons eu des nouvelles du pilote, il a indiqué qu'il avait un problème technique", a-t-il raconté dans une vidéo mise en ligne sur Twitter. "On lui a dit (...) que deux pistes étaient prêtes pour l'atterrissage, mais il a décidé de remettre les gaz. Pourquoi ? Il reste à déterminer quel était le problème technique."

 

Le pilote avait indiqué perdre un moteur

D'après le ministre de l'Intérieur Ijaz Ahmad Shah, le pilote avait indiqué avoir "perdu un moteur" puis lancé "un appel de détresse".

Un journaliste de l'AFP a vu des corps carbonisés être emmenés vers des ambulances. Syed Murad Ali Shah, le chef du gouvernement du Sindh, province dont Karachi est la capitale, a fait état d'un survivant du crash.

Seemin Jamali, une directrice de l'hôpital universitaire Jinnah de Karachi, a indiqué que huit cadavres et 15 blessés avaient été transportés dans ses services, tous des riverains.

L'armée pakistanaise a annoncé sur Twitter avoir envoyé sur le lieu de l'accident une force d'intervention rapide, ainsi que des éléments paramilitaires, pour participaer aux opérations de secours.

Le Premier ministre Imran Khan s'est dit "choqué et attristé" par la catastrophe, adressant sur Twitter ses "prières et condoléances aux familles et aux disparus".

Selon le ministre des Affaires étrangères Shah Mahmood Qureshi, l'avion avait à son bord "beaucoup de gens rentrant chez eux pour l'Aïd" el-Kébir, la célébration de la fin du ramadan, la fête la plus importante pour les musulmans.

 

"Les murs tremblaient"

"Je sortais de la mosquée quand j'ai vu l'avion s'incliner d'un côté", a raconté Hassan, 14 ans. "Les bruits des moteurs étaient assez bizarres. L'avion était si bas que les murs (...) tremblaient",

a-t-il ajouté.

La catastrophe survient quelques jours seulement après que le pays a autorisé la reprise des vols commerciaux intérieurs, suspendus pendant plus d'un mois pour lutter contre la propagation du nouveau coronavirus. De très rares vols internationaux avaient été maintenus.

De fréquents crashs d'avions et d'hélicoptères civils et militaires se sont produits au Pakistan au fil des ans.

Le dernier accident aérien d'ampleur dans le pays remonte à décembre 2016, lorsqu'un avion de ligne de la PIA effectuant un vol intérieur s'était écrasé dans le nord montagneux du pays, tuant 47 personnes.

Le crash le plus meurtrier ces dernières années remonte à 2010. Un Airbus 321 de la compagnie privée Airblue, ralliant Karachi à Islamabad, s'était écrasé dans les collines peu avant l'atterrissage dans la capitale, tuant les 152 personnes à bord.

L'accident le plus meurtrier impliquant PIA à ce jour s'est produit en 1992, lorsqu'un de ses A300 était descendu prématurément vers l'aéroport de la capitale népalaise Katmandou et s'était écrasé sur une colline, tuant 167 personnes.

PIA était l'une des grandes compagnies aériennes mondiales jusqu'aux années 1970. Mais des années de pertes financières, de mauvaise gestion, d'annulations et de retards ont terni sa réputation.

La compagnie nationale a été impliquée dans de nombreuses controverses, dont l'incarcération d'un pilote ivre en Grande-Bretagne en 2013. Elle a également eu des problèmes pour obtenir les certifications de sécurité de l'Union européenne pour ses vols cargo.

Entre mars et novembre 2007, toute la flotte de PIA sauf huit avions avait été placée sur la liste noire de l'UE.

 

AFP

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