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18:33

La discrimination des LGBTI reste élevée en Europe

On célèbre aujourd'hui la 16ème Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie. Les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexe (LGBTI) sont aujourd'hui plus nombreuses à évoquer ouvertement leur identité, mais la peur, la violence et la discrimination restent élevées, selon la plus large enquête jamais menée par l'Agence européenne des droits fondamentaux (FRA).

Les LGBTI sont 43% à s'être sentis discriminés dans les douze mois ayant précédé le questionnaire, un chiffre en augmentation de 6 points par rapport à la dernière enquête effectuée en 2012. Pour les transgenres, cette proportion grimpe même à 60%.

Les personnes transgenres et intersexuées sont deux fois plus nombreuses que les autres groupes LGBTI à faire état d'une agression dans l'année précédant l'enquête. La moitié d'entre elles déclarent avoir des difficultés à subvenir à leurs besoins. 

La FRA a interrogé en 2019 140.000 personnes LGBTI dans les 27 pays de l'Union européenne (UE), au Royaume-Uni, en Serbie et en Macédoine du Nord. Pour la première fois, son enquête inclut les expériences des personnes intersexuées et des adolescents âgés entre 15 et 17 ans. 

Le directeur de la FRA Michael O'Flaherty prévient que les difficultés dans le domaine de l'emploi et des soins de santé "peuvent s'aggraver en raison du nouveau coronavirus". 

Cette agence européenne basée à Vienne, en Autriche, souligne que les discriminations augmentent lorsqu'un discours négatif est tenu par des médias, des politiciens ou des personnalités publiques. 

"Nous avons récemment assisté à des attaques contre les marches des fiertés, à l'adoption de déclarations de zones sans idéologie LGBTI", regrette, dans une déclaration accompagnant le rapport, la Commissaire européenne à l'égalité Helena Dalli, sans citer directement la Pologne où ont eu lieu de tels événements.

Malte et l'Irlande sont deux exemples de pays dans lesquels les personnes interrogées ont perçu une amélioration de la tolérance à leur égard depuis 2012, selon le rapport. 

Mais six répondants sur dix évitent de tenir la main de leur partenaire en public, cette moyenne masquant des différences marquées entre les pays, avec une proportion de huit sur dix en Pologne, contre quatre sur dix au Luxembourg.

Point positif, parmi les 15-17 ans, près d'une personne interrogée sur deux affirme avoir reçu du soutien au sein de son établissement scolaire, qu'il s'agisse de camarades ou du corps enseignant défendant les droits des LGBTI. 

La FRA appelle notamment les gouvernements à instaurer une culture de la tolérance zéro envers la violence et le harcèlement, ainsi qu'à former la police pour améliorer l'enregistrement des crimes de haine.

Dans son index annuel portant sur 49 pays du continent européen incluant notamment la Turquie et la Russie, l'association ILGA-Europe alerte aussi sur les menaces qui pèsent sur les droits des personnes LGBTI, particulièrement dans un contexte de crise dû au coronavirus.

"L'histoire montre que ceux qui sont vulnérables avant une crise le deviennent encore plus après", a averti la directrice exécutive d'ILGA-Europe, Evelyne Paradis, redoutant une "tempête" à venir pour de nombreuses personnes LGBTI en Europe.

Pour la cinquième année consécutive, Malte arrive en tête des pays où ces droits sont les mieux respectés, suivi par la Belgique et le Luxembourg, selon ce classement. Les pays les moins bien notés sont l'Arménie, la Turquie et enfin l'Azerbaïdjan.

La Hongrie est le pays qui recule le plus dans ce classement, et la Pologne est le pays de l'UE le moins bien classé.

 

Source AFP

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