11.05
14:41

Conseil d’entreprise extraordinaire chez Brussels Airlines ce mardi

Brussels Airlines annonce la tenue d’un conseil d’entreprise extraordinaire ce mardi. Les syndicats craignent l’annonce de licenciements.

Ce conseil extraordinaire est prévu pour ce mardi dès 9h, pour évoquer une "analyse et proposition d’un plan d’action pour la poursuite des activités". Les syndicats craignent avant des annonces de licenciements et restructuration. La situation de Brussels Airlines, filiale de l’allemande Lufthansa, était déjà délicate avant la crise. Les discussions entre Lufthansa et le gouvernement belge sur une aide éventuelle n’ont pas encore donné de résultats. Brussels Airlines a besoin de 290 millions d'euros pour pouvoir continuer ses activités.

Un plan à long terme pour son avenir

Kim Daenen, porte-parole de la compagnie, a simplement expliqué que cette dernière s’apprêtait à présenter le plan destiné à assurer son avenir. Des communications vers la presse et le personnel sont prévues dans la journée. "On s’attend à recevoir plus de détails sur l’avenir de l’entreprise pour la période allant jusqu'en 2023", confie Filip Lemberechts, secrétaire permanent du syndicat libéral. "Je pense que l’exercice Reboot (un plan de transformation lancé avant la crise du coronavirus visant à devenir structurellement rentable d’ici 2022, ndlr) va être accéléré. Il ne concernait jusqu’à présent que le personnel au sol. L’annonce de demain devrait également toucher au personnel navigant."

Le plan Reboot impliquait entre autres une phase basée sur des départs volontaires, mais le nombre de personnes concernées dans l’ensemble des départements n’est pas connu.

Les syndicats pessimistes appellent au sauvetage

Face à cette annonce, la CNE/ACV, " ne s’attend pas à de bonnes nouvelles" et redoute qu'"un plan de restructuration avec l’annonce de licenciements et d’une réduction salariale pour ceux qui restent".

La crise du coronavirus a mis à l’arrêt ce secteur sur l’ensemble de la planète. Certaines compagnies ont déjà dû se résoudre à plusieurs milliers de licenciements, dont Ryanair.

Les syndicats plaident depuis plusieurs semaines pour une reconstruction du secteur aérien, coordonnée au niveau transnational. La situation est totalement inédite aussi bien pour le management de l’entreprise que pour les travailleurs qui "vivent dans une angoisse jamais vécue auparavant" d’après les syndicats. Dans un communiqué en front commun, Setca, CNE et CGSLB préconisaient une stratégie commune entre Etats pour le sauvetage de l'entreprise belge et de sa maison-mère Lufthansa.

Une réduction de 25% à 30% des activités d’ici la fin de la crise

L’ancien président Etienne Davignon – qui a cédé son poste à Jan Smets en avril -  prévoyait une réduction de l'activité de 25 à 30% d’ici à la fin de la crise, ce qui équivaut à un quart des quelque 4.000 salariés actuels. "Nous n'avons en tous les cas jamais été informés en ce sens", constate Filip Lemberechts. Ce dernier est conscient de l’urgence de la situation, d’autant plus que les liquidités de l'entreprise sont limitées pour le moment, sans rentrées financières. Le trafic aérien est à l’arrêt depuis la mi-mars, et ne pourra reprendre ses activités avant plusieurs semaines. Pendant ce temps, les discussions se poursuivent entre le gouvernement belge et la maison-mère sans résultat jusqu’à présent, à la plus grande frustration du personnel selon le CNE et CGSLB, qui est dans l’incertitude.

Des discussions peu avancées

La Première ministre Sophie Wilmès a demandé des garanties solides en échange d’une aide d'État, au patron de la compagnie allemande, Carsten Spohr. Ce dernier n’est cependant pas très favorable à ce que les Etats soient représentés au conseil d'administration de son groupe et aient leur mot à dire sur les décisions qui y seront prises à l’avenir.

Cela alors que Lufthansa a annoncé la semaine dernière négocier avec l'État allemand un plan de sauvetage "de 9 milliards d'euros", qui pourrait inclure une nationalisation partielle du groupe, pour lui éviter la faillite.

LN24

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