24.04
01:54

Covid-19 : Existe-t-il des «passeports immunitaires» ?

Rien ne prouve encore qu'un individu ayant développé des anticorps ne puisse pas infecter d'autres personnes.

L'aube pointe son nez à Berlin et Lothar Kopp, 65 ans, fait déjà la queue devant une clinique de l'arrondissement de Reinickendorf de la capitale allemande.

Avec une poignée d'autres, il attend --dans le respect des distances de sécurité de deux mètres et avec un masque sur le visage-- pour subir un test de coronavirus pas comme les autres: sans être malade, il veut savoir s'il a attrapé le virus par le passé et donc a développé une immunité.

"Si j'ai déjà eu le coronavirus, je ne peux pas infecter d'autres personnes", explique-t-il, dans l'espoir qu'un test sérologique aux anticorps positif lui permettrait de rendre visite à sa vieille mère sans risque de contagion.

Alors que le déconfinement démarre dans plusieurs pays, des experts ont évoqué la possibilité de "passeports immunitaires" permettant à ceux qui auraient développé une protection contre le virus de retourner au travail avant les autres.

De vastes études sont en cours en Allemagne, où des dizaines de milliers de ces tests ont été réalisés. Ailleurs, le niveau d'immunité de la population intéresse également chercheurs et décideurs politiques.

Pour savoir combien de personnes ont déjà été infectées, l'Etat de New York va lancer des tests de manière "agressive", a annoncé le gouverneur Andrew Cuomo la semaine dernière.

Le régulateur américain a même autorisé les fabricants à vendre leurs tests sans autorisation formelle.

Mise en garde

L'Organisation mondiale de la santé et d'autres médecins ont toutefois mis en garde contre les doutes concernant la précision et la fiabilité de ces tests, une inconnue concernant le nouveau coronavirus étant notamment la durée d'une éventuelle immunité.

Un test sérologique positif ne signifierait donc pas la fin du danger.

"Une fois que nous aurons des tests valides, nous ne saurons toujours pas si un résultat positif signifie vraiment une protection contre la maladie, ni combien de temps cette protection durera", explique une porte-parole de l'OMS à l'AFP.

Pour Matthias Orth, membre du directoire de la Fédération allemande des médecins biologistes (BDL), un autre grand problème est la qualité des résultats: de "faux négatifs" sont par exemple possibles.

"Il existe aussi des coronavirus assez banals et qui ne causent pas de maladies graves" et qui peuvent biaiser le résultat", explique-t-il.

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