16.04
06:34

Incompréhension dans les maisons de repos sur le retour des visites

La décision du Conseil National de Sécurité d'autoriser une visite par semaine dans les maisons de repos provoque l'incompréhension du secteur, toujours débordé par l'épidémie.

Les réactions ont fusé après l'annonce du gouvernement de permettre les visites dans les maisons de repos sous certaines conditions: une seule et même personne, ne présentant aucun symptôme de la maladie depuis deux semaines. 

Pression supplémentaire sur un secteur toujours en lutte contre l'épidémie

"Alors que les maisons de repos travaillent déjà en effectif réduit, que l’armée est chargée d’intervenir… Comment serons-nous en mesure de garantir que le virus ne se propage pas depuis la maison de repos vers les familles des visiteurs et inversement ? Il aurait été nécessaire que des mesures strictes soient mises en application avant d’annoncer l’ouverture aux visiteurs" a déclaré Marc Verruggen, président de fédération des maisons de repos (Femarbel). 

Les maisons de repos manquent toujours de moyens pour faire face à l'épidémie. Délaissées dans les premières semaines de gestion de la crise, les premiers tests pour les soignants et les résidents sont actuellement en cours. "Cette annonce est difficilement réalisable", juge le président. Le personnel, les résidents et les visiteurs des centres de soins doivent être protégés, insiste Femarbel.

L'organisation de ces visites exigerait une organisation supplémentaire de la part d'un personnel aux effectifs déjà réduits. 

"Pas une obligation" selon le Conseil National de sécurité 

En Flandre, Zorgnet-Icuro,organe rassemblant hôpitaux et organisations de soins, a jugé la décision "incompréhensible". Zorgnet-Icuro recommande aux institutions de ne pas appliquer les mesures et de continuer à interdire les visites jusqu'à ce que la situation soit stabilisée. 

Le Conseil National de Sécurité considère cette mesure comme une possibilité et pas une obligation, ainsi que l'a précisé Sophie Wilmès au micro de VTM en compagnie de Jan Jambon (N-VA). Ce dernier a par ailleurs indiqué que cette décision a été prise sans concertation avec les acteurs du secteur.  

"Pas le moment d'en rajouter"

Le CDH a également critiqué cette décision. Pour François Desquennes, chef de groupe au Parlement de Wallonie, "l’urgence, aujourd’hui, dans les maisons de repos, c’est de retrouver la maîtrise de l’épidémie".

"Nous comprenons bien la dimension humaine de cette mesure mais pour l’instant, les maisons de repos sont seulement en train de s’organiser pour faire face à la maladie. Ce n’est pas le moment d’en rajouter", a-t-il poursuivi.

Cette mesure vise entre autres à lutter contre le poids psychologique du confinement - en particulier pour les personnes confinées depuis quatre semaines - bien qu'elle semble prématurée pour de nombreux acteurs du terrain. Sa mise en œuvre devrait se faire dans chaque communauté en concertation avec les organes concernés. 

E. Feron

Partager cet article

Contenu sponsorisé

En lien avec l'article