20.03
12:17

Les écoles britanniques ferment leurs portes

Les élèves britanniques se disent au revoir sans savoir quand ils se retrouveront: le Royaume-Uni, qui a opté pour une stratégie moins radicale que ses voisins, ferme vendredi ses écoles pour tenter de ralentir la propagation du nouveau coronavirus.

La grande majorité des établissements scolaires, écoles, collèges et lycées, restera portes closes "jusqu'à nouvel ordre", a annoncé mercredi le Premier ministre Boris Johnson. Les examens de fin d'année, comme les A levels (baccalauréat) ont été annulés.

Une partie des 10 millions d'élèves que compte le pays seront néanmoins accueillis: ceux des personnels indispensables pour faire face à la crise, avec en première ligne les enfants des médecins et infirmières.

Selon le ministre de la Santé Matt Hancock, moins d'un enfant sur cinq se trouve dans cette situation.

Le gouvernement conservateur a précisé les professions et secteurs concernés, qui vont des travailleurs sociaux aux policiers et militaires, en passant par l'alimentation, les transports.

Les enfants les plus vulnérables seront également accueillis.

Affirmant que le pays a connu une propagation du virus moins importante dans les premiers jours que les autres pays européens, le ministre de la Santé Matt Hancock a expliqué que ce "temps précieux" a permis de mieux préparer le service public de santé, le NHS.

Le Royaume-Uni déplore 144 morts et 3.269 cas testés positifs de Covid-19. Mais le pays ne teste que les cas les plus graves et les autorités ont reconnu que le nombre réel était probablement de plusieurs dizaines de milliers de personnes infectées.

 

Retraités à la rescousse

Vendredi matin, les services de santé ont appelé à la rescousse 65.000 médecins et personnels de santé récemment retraités, leur demandant de remettre la blouse "dès que possible", a précisé le ministre de la Santé sur Sky News.

Critiqué pour la prudence de sa réponse face à la crise, le gouvernement de Boris Johnson recommande d'éviter les rassemblements et de faire du télétravail, sans pour autant recourir à ce stade à des mesures plus contraignantes comme les fermetures des pubs et restaurants.

Si la presse évoque la perspective d'un confinement strict de Londres, épicentre de l'épidémie dans le pays, Boris Johnson a expliqué qu'une telle mesure n'était pas à l'ordre du jour, sans l'écarter totalement pour la suite.

Certains commerces comme le géant des meubles en kit Ikea et des chaînes de restaurant ont cependant décidé de fermer leurs portes de leur propre initiative. Et les Londoniens se sont rués vers les supermarchés de crainte d'être confinés, vidant les rayons.

Le gouvernement martèle que l'observance des recommandations par la population pourrait permettre d'éviter le recours à des mesures plus drastiques.

Boris Johnson a affirmé jeudi que le Royaume-Uni pourrait "inverser la tendance en 12 semaines", à condition notamment que les consignes sont respectées.

Le Royaume-Uni, pour l'heure, ne teste pas systématiquement tous les malades et se concentre sur les cas les plus graves, malgré les recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Selon Boris Johnson, des discussion sont en cours pour pouvoir acheter "des centaines de milliers de tests" pour identifier les personnes qui ont été atteintes par la maladie et ont guéri, ce qui selon lui pourrait "changer la donne".

Le ministre des Finances Rishi Sunak, qui a déjà annoncé une garantie de l'Etat sur les prêts aux entreprises atteignant 330 milliards de livres et des aides de 20 milliards de livres, doit présenter vendredi de nouvelles mesures pour soutenir l'économie.

 

AFP

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