11.03.20
15:31

Empoignade politique autour de la nomination d’un libéral

NVA, Belang et CD&V s’opposent à la désignation du MR Damien Thiéry à l’institut fédéral pour la protection des droits humains.

L’affaire pourrait prêter à sourire en ces temps de crise sanitaire – tant elle peut paraître anecdotique – mais en Belgique, rayon nomination politique, on ne prend jamais de vacances. Ainsi la mise en place de l’Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains bute-t-elle sur un écueil politico-communautaire de taille : la désignation au sein du CA de Damien Thiéry comme administrateur.

Le libéral francophone, « mondialement » connu pour sa défense des francophones de la périphérie et comme bourgmestre de la commune à facilités de Linkebeek est en effet le candidat du MR à ce poste. Non élu en mai dernier, Thiéry est candidat de la « société civile » dans un CA comptant 12 membres.

A ce stade, il y a un accord sur 11 noms sur 12 mais trois partis flamands, la NVA, le Belang et le CD&V, refusent catégoriquement de voter en faveur de Thiéry car ils le soupçonnent de vouloir utiliser ce strapontin pour défendre les droits des francophones de la périphérie bruxelloise.        

Le vaudeville politique a eu lieu en commission de la Justice de la Chambre et devrait rebondir en plénière – faute d’accord politique. Le projet d’Institut, porté par le ministre de la Justice Koen Geens, part déjà avec du plomb dans l’aile avant même son décollage. Un vote nominatif pourrait avoir lieu en plénière sur chaque candidat, une manière de passer outre le blocage, mais le sort de Damien Thiéry demeure incertain.

Interrogé, l’ex député bourgmestre fustige le mauvais procès que lui font ces partis flamands. « Je vais défendre l’intérêt général au sein de cet institut, je dispose de l’expérience nécessaire pour faire un bon travail ».

L’épisode n’est pas sans rappeler la nomination de l’Ecolo Khattabi à la Cour constitutionnelle. L’ex coprésidente des verts va d’ailleurs se présenter une deuxième fois à ce poste.

 

M. Buxant

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