24.02
17:49

Harvey Weinstein reconnu coupable d'agression sexuelle et de viol

Le producteur américain Harvey Weinstein a été reconnu coupable d'agression sexuelle et de viol ce lundi après-midi.

Alors que 80 femmes s'étaient déclarées victimes d'Harvey Weinstein, ce dernier a toujours démenti être l'auteur d'agressions sexuelles. Le jury, composé de sept hommes et cinq femmes, est parvenu à un verdict ce 24 février.

Après cinq jours de délibérations précédés d'un mois de procès très médiatisé, l'homme de 67 ans risque 25 ans de prison. Harvey Weinstein a été placé en détention après ce verdict, en attendant de connaitre sa peine le 11 mars prochain, son avocate a annoncé qu'il fera appel. 

Coupable de deux chefs d'accusation sur cinq

Il a été reconnu coupable de deux chefs d'accusation sur cinq. Le jury l'a disculpé de la circonstance aggravante de comportement "prédateur", qui aurait pu lui valoir la prison à vie. Au final, le jury ne l'a jugé coupable que des deux chefs les moins graves, l'agression sexuelle de l'ancienne assistante de production Mimi Haleyi, en 2006, et le viol de l'aspirante actrice Jessica Mann, en 2013.

e jury a aussi jugé le co-fondateur du studio Miramax non coupable du viol de l'actrice Annabella Sciorra, durant l'hiver 1993. Ce viol présumé, bien que prescrit, pouvait seul déclencher la circonstance aggravante

Les femmes ont changé l'histoire

Le procureur de Manhattan a estimé lundi que les six femmes qui ont témoigné contre Harvey Weinstein et les deux femmes procureurs en charge du dossier avaient "changé le cours de l'histoire", dans une déclaration après qu'Harvey Weinstein eut été jugé coupable d'agression sexuelle et de viol.

"Un viol est un viol qu'il soit commis par un inconnu dans une ruelle sombre, ou par un partenaire dans une relation intime"

"C'est un viol même s'il n'y a aucune preuve matérielle et si ca s'est passé il y a très longtemps".

Le jury de Manhattan a jugé lundi l'ex-magnat d'Hollywood coupable d'agression sexuelle et de viol, mais l'a disculpé de chefs d'inculpations plus graves qui l'exposaient à la perpétuité.

Quelle était la défense d'Harvey Weinstein ?

Tout au long du procès, la défense avait cherché à discréditer le récit des trois femmes.

Les avocats d'Harvey Weinstein ont produit une série de courriers électroniques montrant que Mimi Haleyi et Jessica Mann avaient maintenu le contact, de leur propre initiative, avec l'accusé après les faits présumés.

Dans le cas de Jessica Mann, la victime présumée a même concédé avoir eu des relations sexuelles sans opposition avec Harvey Weinstein jusqu'en 2016.

"Ce n'était pas une relation", avait martelé la procureure Joan Illuzzi-Orbon. "Jessica Mann était la poupée de chiffon d'Harvey Weinstein."

Mimi Haleyi a elle raconté avoir eu un rapport sexuel initié par l'accusé deux semaines environ après le viol présumé, sans manifester de résistance.

Jessica Mann a dit avoir maintenu des relations avec l'ancien magnat du cinéma par "peur", tandis que Mimi Haleyi a expliqué qu'il s'agissait pour elle de maintenir une "relation professionnelle".

La défense avait cherché à dépeindre deux femmes opportunistes, prêtes à se soumettre aux caprices du producteur, voire à ses pulsions sexuelles, pour tenter de mettre un pied à Hollywood.

Les avocats d'Harvey Weinstein avaient aussi laissé entendre que les deux plaignantes avaient témoigné par intérêt, pour augmenter leurs chances d'obtenir du producteur des dommages et intérêts une fois celui-ci condamné.

"Elles ont sacrifié leur dignité, leur intimité, leur quiétude dans l'espoir de faire entendre leur voix au procès",

leur avait opposé la procureure.

"Pour les femmes qui ont témoigné dans ce dossier et vécu un enfer traumatique, vous avez rendu un service public aux filles et femmes du monde entier",

a tweeté lundi la comédienne Ashley Judd, qui affirme qu'Harvey Weinstein l'a harcelée sexuellement en 1997.

Le mouvement #MeToo salue le verdict

Le verdict a été immédiatement salué comme "une nouvelle ère" de justice par le mouvement #MeToo.

Il s'agit de la première reconnaissance de culpabilité dans une affaire post-#MeToo, celle de l'acteur Bill Cosby résultant de poursuites entamées en 2015, avant que le mouvement anti-agressions sexuelles ne commence en octobre 2017.

C'est un verdict mitigé, un compromis", qui permet "aux deux parties de revendiquer une espèce de victoire", a cependant analysé Bennett Gershman, professeur de droit à l'université Pace et ancien procureur.

Ce verdict de culpabilité pourrait constituer un tournant pour le mouvement #MeToo, mais aussi pour la jurisprudence de ce type d'affaires, qui donnent très rarement lieu à des condamnations.

"Cela va avoir un impact énorme", a prédit Bennett Gershman, professeur de droit à l'université Pace de New York.

M. Weinstein doit encore répondre d'une autre inculpation pour deux agressions sexuelles à Los Angeles, annoncée début janvier. Le verdict de culpabilité partiel concrétise la chute de celui qui fit la pluie et le beau temps dans le monde du cinéma indépendant durant un quart de siècle.

 

LN24 avec AFP

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