23.02
20:47

En pleine crise, la droite d'Angela Merkel sanctionnée à Hambourg

En pleine crise, le parti conservateur d'Angela Merkel a subi dimanche un revers électoral à Hambourg, où les sociaux-démocrates conservent leur fief malgré la spectaculaire poussée des Verts.

La CDU, qui cherche à la fois un leader et une ligne cohérente depuis que la dauphine désignée de la chancelière a jeté l'éponge mi-février, rétrograde en troisième place au parlement régional, avec environ 11,5% des suffrages, contre 15,9% lors du dernier scrutin de 2015, selon les estimations communiquées par la chaîne publique ARD.

"C'est une débâcle", a commenté ARD, évoquant "le deuxième plus mauvais score de l'histoire" des conservateurs allemands depuis un cinglant 9% essuyé en 1951 dans la cité-Etat de Brême.

Les sociaux-démocrates, bien qu'en nette perte de vitesse au plan national, conservent la tête avec 37% des voix, mais voient leurs alliés Verts bondir de 12,3% à plus de 25% des voix, reflet de la vague écologiste qui déferle sur la pays depuis les élections européennes de mai 2019, sur fond de préoccupation croissante pour le climat.

 

L'AfD éjectée

Vendredi encore, quelque 10.000 jeunes manifestaient à l'appel du mouvement Fridays for Future en présence de la Suédoise Greta Thunberg, l'initiatrice de cette mobilisation hebdomadaire de la jeunesse.

Autre enseignement de ce scrutin rassemblant 1,3 million d'électeurs: après s'être installée depuis 2014 dans les seize parlements régionaux du pays, le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) glisserait de justesse sous le seuil des 5% requis pour être représenté, d'après ARD.

L'AfD, qui séduisait déjà peu dans cette cité portuaire et cosmopolite qui lui avait accordé 6,1% des suffrages en 2015, est vivement mise en cause depuis l'attentat raciste qui a fait neuf morts jeudi soir dans une double fusillade à Hanau (centre).

Enfin les libéraux du FDP pourraient eux aussi sortir de l'assemblée régionale, flirtant selon ARD avec la barre des 5%. 

Ce parti a été l'un des protagonistes de la récente polémique politique dans l'Etat de Thuringe, dans l'est du pays, où un libéral avait pris la présidence régionale à la faveur d'une alliance entre droite et extrême droite inédite depuis la Seconde guerre mondiale. 

 

Inventer l'après-Merkel 

L'imbroglio en Thuringe a été le déclencheur de la crise à la CDU, en poussant Annegret Kramp-Karrenbauer, dauphine désignée d'Angela Merkel, à annoncer le 10 février qu'elle abandonnait la présidence du parti.

Les conservateurs doivent dévoiler lundi en milieu de journée qui ils comptent porter à leur tête et comment, afin de préparer la succession d'Angela Merkel à l'horizon 2021, mais devront pour cela clarifier leur positionnement face aux extrêmes.

Jusqu'ici la CDU campe sur une ligne du "ni-ni", excluant toute alliance avec l'AfD comme avec le parti d'extrême gauche Die Linke, mais le morcellement du paysage politique allemand rend cette règle de plus en plus difficile à tenir.

Face aux remous qui agitent le mouvement, le choix crucial du futur candidat à la chancellerie devrait être reporté à la fin de l'année, selon les médias allemands.

Dans l'intervalle, un président de parti devrait être désigné lors d'un congrès extraordinaire en mai ou juin. A moins que la CDU n'opte en faveur d'une présidence intérimaire collégiale rassemblant les différents courants.

 

Source AFP

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