10.02
16:57

Brexit: Barnier rappelle Londres à ses engagements contre toute concurrence déloyale

Les Européens craignent plus que tout que le Royaume-Uni, qui vient de quitter l'UE mais est entré dans une période de transition jusqu'à la fin de l'année, ne dérégule à l'avenir certains secteurs de son économie à leur détriment.

Le négociateur en chef de l'Union européenne sur le Brexit, Michel Barnier, a rappelé lundi Londres à ses engagements contre toute concurrence déloyale avec l'UE dans le futur, au moment où les deux parties s'apprêtent à négocier leur nouvelle relation.

Ces dernières se sont entendues en fin d'année dernière sur une "déclaration politique" commune, qui fixe le cadre de la future relation qu'ils doivent maintenant négocier. Toutes deux y assurent la nécessité d'une "concurrence ouverte et loyale".

"Nous avons entendu le Premier ministre (britannique Boris Johnson) lundi dernier expliquer qu'il souhaitait un accord de libre-échange avec l'Union européenne tout en réservant pour les Britanniques le droit de diverger des règles européennes en matière de concurrence, d'aides d'Etat, de protection sociale ou de l'environnement", a déclaré Michel Barnier à l'issue d'une rencontre à Luxembourg avec le Premier ministre Xavier Bettel.

"Nous respectons (...) le souci qu'ont les Britanniques de se réapproprier leurs règles, leurs standards, leurs lois: c'est un choix souverain. Mais il faut être clair: la déclaration politique, qui a été agréée mot à mot, ligne à ligne, avec Boris Johnson en octobre dernier reste et restera la fondation de toute négociation", a-t-il ajouté.

Le négociateur européen a souligné que Londres et l'UE devront négocier "des garanties solides visant à assurer une concurrence loyale et des standards élevés en commun".

Pression du temps pour les Britanniques

Il a également rappelé que contrairement au souhait de Boris Johnson, Bruxelles entendait confier un rôle à la Cour de justice de l'UE pour interpréter le droit européen dans le cadre de la future relation.

"C'est sur cette base et seulement sur cette base que nous sommes prêts à négocier", a insisté l'ancien ministre français. "Dans un temps qui est forcément contraint, si nous voulons avancer, il faut éviter au départ de faire deux ou trois pas en arrière."

Le Royaume-Uni est entré depuis son départ de l'UE le 31 janvier dans une période de transition, jusqu'au 31 décembre, pendant laquelle il continuera d'appliquer les normes européennes.

C'est pendant cette période que devra être négociée la future relation. Les discussions devraient formellement commencer début mars.

"La pression du temps, c'est celle que Boris Johnson a choisie. Ce n'est pas nous qui l'avons choisie. Nous n'avons pas de pression", a insisté Michel Barnier.

AFP

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