10.02
15:08

Allemagne: les quatre successeurs possibles d'Angela Merkel

Après le retrait annoncé lundi d'Annegret Kramp-Karrenbauer, quatre candidats potentiels se dégagent dans le camp conservateur allemand pour briguer la chancellerie au plus tard fin 2021, quand Angela Merkel aura bouclé son quatrième et dernier mandat.

Friedrich Merz

Cet avocat de 64 ans, vieil ennemi de la chancelière qui l'avait mis sur la touche dans les années 1990, avait été battu de justesse en décembre 2018 par Mme Kramp-Karrenbauer, surnommée AKK, pour la présidence du parti. Depuis, il attend son heure, et ne ménage pas Angela Merkel. Ce partisan d'un net virage à droite du parti, pour récupérer les électeurs conservateurs votant désormais pour l'extrême droite, a jugé notamment "nullissime" l'image donnée par l'exécutif, et reproché à Angela Merkel un "leadership défaillant". En tant que chef du parti, il ne manquerait pas d'accentuer la pression sur la chancelière pour qu'elle quitte prématurément son poste. 

Armin Laschet

Baron local, Armin Laschet, au profil plus consensuel que Friedrich Merz, dirige la plus grande fédération de l'Union chrétien-démocrate (CDU) en Rhénanie du nord-Westphalie, région qu'il gouverne. Cet homme de 58 ans, proche de la chancelière, est acceptable aussi pour les franges très conservatrices du parti, notamment en raison de sa lutte contre les bandes criminelles. Mais aussi pour le parti social-démocrate, partenaire de Merkel au gouvernement. "Armin Laschett doit briguer la présidence, sinon il n'est qu'un tigre de papier", a estimé lundi le vice-président social-démocrate du Bundestag Thomas Oppermann. 

Jens Spahn

Le jeune et ambitieux ministre de la Santé, dont le travail est unanimement salué à ce poste, est classé dans l'aile droite du parti et dans le camp des anti-Merkel. À une époque où la chancelière tenait encore son parti d'une main de fer, il avait osé critiquer sa politique migratoire selon lui laxiste en 2015, quand des centaines de milliers de réfugiés syriens ou afghans avaient afflué en Allemagne. Son âge, 39 ans seulement, et son homosexualité assumée, pourraient toutefois lui coûter des voix dans son parti qui reste très conservateur sur les questions de société.

Markus Söder

Président depuis un peu plus d'un an du parti chrétien-social CSU, mouvement bavarois allié à la CDU, il fait parti des candidats évoqués à la chancellerie en 2021. Ce défenseur des valeurs traditionnelles chrétiennes de 53 ans s'est efforcé de recentrer son image dernièrement, se découvrant ces derniers mois une passion pour la défense de l'environnement. Il s'est aussi illustré pour avoir été l'un des premiers poids lourds politiques à condamner catégoriquement l'élection d'un dirigeant libéral en Thuringe avec les voix de la CDU et de l'extrême-droite. 

AFP

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