25.01
11:43

Médecine et pénurie : filtres, quotas et conséquences

LN24 Soir revenait sur la pénurie de médecins généralistes en Belgique avec comme invités sur le plateau, Jacques de Toeuf, président honoraire de l’association belge des syndicats médicaux, Paul De Munck, président du groupement belge des omnipraticiens et Chems Mabrouck présidente de la FEF. Ils répondaient aux questions de Michaël Denutte et Romuald La Morté.

Chems Mabrouck, présidente de la FEF revient sur la question des filtres, quotas et pénurie qui marque la médecine généraliste mais pas que. La politique de la FEF dans ce domaine consiste à placer des filtres à l’installation – en fonction des besoins de généralistes, de gynécologues ou encore d’ophtalmologues – par régions, afin de prendre en compte le critère géographique.

Un autre filtre qui a soulevé les passions chez de nombreux médecins en devenir, ce sont les filtres à l’entrée des études, le fameux examen d’entrée, imposé en Flandre depuis plusieurs années, mais encore récent en Wallonie. Pour Jacques de Toeuf, « On peut arrêter de contingenter à l’entrée aux études, pourquoi pas, mais cela veut dire qui auront fait leurs 6 années de médecine risque de se trouver devant une autorité publique qui ne cherchera qu’à combler ses besoins avec un nombre déterminé de médecins. Les autres ne pourront pas rentrer dans le système de la sécurité sociale. C’est le problème avec le système du filtre à l’installation » explique-t-il.

Chems Mabrouck rappelle de son côté que les étudiants en médecine ne finissent pas tous par travailler comme médecin, sans parler de ceux qui se détournent de ces études. Elle insiste par contre, « il faut revaloriser les études de médecin généraliste, ça c’est une certitude, c’est toujours une lacune actuellement ».

Le risque des sous-quotas

Pour la FEF, la sécurité sociale – et par extension, l’installation des médecins – doit continuer à relever du niveau fédéral. Si Jacques de Toeuf, président honoraire de l’association belge des syndicats médicaux, partage son avis, il reste pessimiste. « Je ne doute pas que nous allions vers une scission de la sécurité sociale » déclare-t-il.

Pour l’instant, Flandre et Wallonie ont déterminé des sous-quotas qui, jusqu’à la dernière réforme de l’état, relevait de la responsabilité du fédéral. Depuis cette réforme, ce sont désormais les communautés qui ont la charge de déterminer leurs besoins, ces sous-quotas, en fonction des règles fixées au fédéral. Certains craignent cependant que cette politique n’aille trop loin : « J’espère que ce mouvement qui désire créer ces sous-quotas se limitera à cela » a-t-il dit sur le plateau de LN24 Soir, « mais je ne le crois pas ». En effet, aller au-delà de ces quotas pourrait revenir à faire un pas en direction d’une véritable scission de la sécurité sociale.

LN24

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