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06:22

Carlos Ghosn : démission groupée de ses avocats japonais

L'avocat japonais Junichiro Hironaka a annoncé jeudi le retrait de tout son cabinet de l'ensemble du dossier Ghosn, une conséquence de la fuite illégale au Liban de l'ancien patron de Renault-Nissan.

Le défenseur de Carlos Ghosn a annoncé son retrait dans un bref communiqué ce jeudi.

« Aujourd'hui, nous avons remis au tribunal de Tokyo une lettre de démission de tous les avocats du cabinet Hironaka pour l'ensemble des affaires concernant Carlos Ghosn »

M. Hironaka a ajouté qu'il n'y aura pas de conférence de presse à ce sujet. Il s'était dit "abasourdi" par la fuite de Carlos Ghosn fin décembre.

Une décision peu surprenante

Cette décision n'est pas une totale surprise, car M. Hironaka, 74 ans, avait signalé qu'il allait se retirer après l'évasion de son client. Mais il était en théorie possible que d'autres avocats de son cabinet prennent la relève sur l'épais dossier Carlos Ghosn.

Deux autres cabinets d'avocats japonais, celui de Hiroshi Kawatsu et celui de Takashi Takano, travaillaient aussi depuis un an avec M. Hironaka pour défendre Carlos Ghosn, visé par quatre inculpations au Japon.

Une source proche de M. Takano a précisé que lui et son équipe jetaient aussi l'éponge sur ce dossier, tandis que le bureau de M. Kawatsu a déclaré ne pas avoir d'informations à donner aux médias pour le moment.

Ghosn avait pourtant besoin de ses avocats

Lors des entretiens qu'il a accordés à divers médias depuis le Liban, M. Ghosn avait pourtant déclaré avoir toujours grand besoin de ses défenseurs japonais, alors qu'il dénonçait un coup monté il y a quelques jours.

Toutefois, ceux-ci ont été précipités dans un grand embarras par la fuite de leur client, dont l'interdiction de quitter le Japon était une condition de sa libération sous caution pour laquelle ses avocats s'étaient portés garants.

M. Hironaka, qui s'était taillé une réputation de maître de l'acquittement au Japon, avait refusé la semaine dernière de laisser les procureurs entrer dans ses bureaux pour y saisir du matériel informatique utilisé par Carlos Ghosn, les enquêteurs soupçonnant qu'il ait préparé son évasion en faisant usage de l'ordinateur mis à sa disposition dans ces lieux. 

Par ailleurs, le tribunal de Tokyo a entériné jeudi de jure la séparation des procès dans l'affaire Ghosn, selon les médias nippons. 

M. Ghosn devait être jugé en même temps que son ancien bras droit Greg Kelly et Nissan dans le volet de l'affaire concernant les minorations de rétributions. M. Ghosn étant absent, seuls les deux autres seront jugés, car le droit pénal japonais ne prévoit pas de procès par contumace dans ce cas de figure.

AFP

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