09.01
07:18

« Je veux qu'il vienne affronter réellement la justice japonaise, mais il a fui »

Les autorités japonaises ont immédiatement réagi dès la fin du "show" médiatique de Carlos Ghosn, organisé mercredi à Beyrouth, qui plus est sans mâcher leurs mots, ce qui est rare.

Après avoir tardé à condamner officiellement la fuite du patron déchu de Renault et Nissan au Liban fin décembre, le gouvernement, des personnalités mises en cause et les médias japonais ont réagi avec colère aux propos de Ghosn. Masako Mori, la ministre de la Justice a d'ailleurs réagi dans la nuit de mercredi à jeudi.

« Je veux qu'il vienne affronter réellement la justice japonaise, mais il a fui, alors même qu'il n'était pas enfermé, qu'il pouvait voir librement ses avocats. Une telle attitude est inqualifiable. Dans tous les cas, son évasion n'est pas justifiable. » 

Alors qu'il attendait au Japon son procès pour diverses malversations financières présumées, Carlos Ghosn s'est enfui fin décembre au Liban, brisant l'interdiction formelle de quitter l'archipel nippon où il était libre sous caution depuis avril dernier.

Aujourd'hui, les autorités nippones attendent que Ghosn vienne apporter des preuves concrètes devant un tribunal japonais, dans le cadre d'un procès équitable.

Carlos Ghosn ne convainc pas les médias japonais

S'exprimant pour la première fois depuis plus d'un an devant des journalistes triés sur le volet (beaucoup de Japonais ont été exclus), l'ancien patron a dit tout le mal qu'il pense d'une justice où il se sentait condamné avant d'être jugé. Pour la énième fois, il a dénoncé une collusion entre les procureurs, Nissan et la presse "qui s'est contentée de publier des fuites des enquêteurs, sans une once de critique ou d'analyse".

Réponse du berger à la bergère, les commentateurs des télévisions japonaises n'ont exprimé jeudi matin aucune mansuétude à son égard.Un journaliste de la chaîne publique NHK a réagi en résumant la situation.

« Il n'y a rien de nouveau dans ses propos, aucun élément concret convaincant, c'est plutôt un monologue émotionnel »

Hisao Inoue, journaliste et essayiste qui a suivi l'affaire depuis le début observe le manque de preuves concrètes.

« Ghosn était un homme d'affaires hors pair, ça ne fait pas de doute, mais dans ce genre de spectacle, il apparaît trop plein de ressentiments et cela manque d'arguments solides pour asseoir sa défense. »

Nissan condamne les actions de l'ancien patron

Même tonalité du côté des responsables de Nissan nommément mis en cause par M. Ghosn. Masakazu Toyoda, un administrateur extérieur du groupe automobile s'est exprimé sur la chaîne de télévision NTV

« Je n'ai pas de temps à perdre avec quelqu'un qui joue un drame écrit par lui-même après avoir fui un pays en violant la loi. »

"Si le contenu de la conférence de presse se limite à ça, il aurait pu la faire au Japon", a ironisé l'ancien directeur général de Nissan Hiroto Saikawa, dénoncé par le capitaine d'industrie comme étant un de ses fossoyeurs.

Ce 9 janvier, Carlos Ghosn a été convoqué par la justice libanaise.

 

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